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Brûleurs, Neïla Romeyssa.


Brûleurs de Neïla Romeyssa est un texte incandescent. L’éditeur le présente comme un premier roman « intense, coup de poing et furieusement poétique », je ne saurais dire mieux. Peut-être me contenterais-je d’ajouter que c’est un livre nécessaire.


Ainsi commence-t-il :

« HARRAGA :

Nom masculin issu du dialecte algérien signifiant « ceux qui brûlent (leurs papiers/les frontières). En Algérie, il désigne les jeunes adultes que l’absence de perspective pousse à fuir leur pays par tous les moyens.


*


De sa fenêtre, Salim regarde la mer, le mouvement des vagues, et enfin il se sent vivre. Ici, à Alger, le soleil brille mais le quotidien est gris. Pas de boulot. Pas de perspective ni d’espoir. Il n’y a que des mauvaises cigarettes, des mauvaises bières et des mauvaises nuits. C’est la désillusion, et Salim ne veut pas être un désillusionnaire de plus. Il va partir, prendre la mer et rejoindre l’Europe, pour y libérer son énergie et réaliser son envie d’avenir. Mais comment faire ?


*


Le désir de Salim est celui de milliers d’autres âmes. Gorgé de fougue, de chimères et de rêveries bouillonnantes. Si plein de vie qu’il est prêt à tout pour gagner le sol européen : endurer dangers, privations, violences, lassitudes et trahisons pour quelques bribes d’espoir glanées ici et là. Car « à Alger, Oran ou Mostaganem, les rêves nous tombaient sur la tête, il y en avait à chaque coin de rue » écrit-il. Très vite pourtant, le regret l’emporte sur tout le reste. Car l’utopie de la harga n’existe pas.


Voilà ce que ce texte magnifique exprime en filigrane. Avec une force, une justesse et une acuité rare.

Par lui, Neïla Romeyssa – créatrice du média Commun Exil où elle recueille les témoignages de personnes exilées – nous permets de nous mettre à la place de ces hommes que l’espoir nourrit autant que le désespoir. Elle nous donne la possibilité de poser sur eux un regard plein de compréhension, de compassion et de douceur. Car qui sommes-nous pour juger les rêves et condamner les espérances ?


Un premier roman magnifique porté par une langue crue et poétique à mettre entre toutes les mains !

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