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  • loudebergh

Dix âmes, pas plus, Ragnar Jònasson.


Ragnar Jònasson n’a pas volé son titre.

Partout sur ses romans, des bandeaux rouges informent le lecteur :

sous cette couverture se cachent les mots du maître du polar islandais.

Tremblez, manants !


Alors je me suis laissée tenter.

Comme beaucoup je crois.

J’ai emprunté ce roman à la bibliothèque il y a un jour ou deux et je l’ai littéralement dévoré. Me voilà donc confrontée à la mastodontique tâche d’en dire quelque chose de pas trop bête.


*


Voilà le synopsis :

Recherche professeur au bout du monde. Voici une petite annonce qui découragerait toute personne saine d’esprit. Pas Una. La jeune femme quitte Reykjavík pour Skàlar, l’un des villages les plus reculés d’Islande, qui ne compte que dix habitants. Malgré l’hostilité des villageois. Malgré l’isolement vertigineux.

Là-bas, Una entend des voix et le son fantomatique d’une berceuse. Et bientôt, une mort brutale survient. Quels secrets cache ce village ? Jusqu’où iront ses habitants pour les protéger ?


*


C’est là toute la magie du genre polar : nous embarquer dans un univers terrifiant, nous saisir au corps et au cœur, déposer sur notre âme une légère couche de givre avant de nous relâcher le souffle court et l’esprit en berne quelques heures plus tard.

Sans que nous n’ayons rien vu venir.

De ce point de vue-là, Dix âmes pas plus de Ragnar Jònasson est une réussite.

J’ai été prise dans les mailles du filet dès les premières lignes et avoue avoir savamment négocié les virages de ma journée pour dégager les quelques heures nécessaires à la lecture des dernières pages aujourd’hui.


Pourtant, ce n’est pas parce que l’on a littéralement englouti un livre qu’il n’y a pas parfois un peu d’ivraie mêlée au bon grain.

Avec un brin de recul et une once de considération, je réalise que sur plusieurs points, j’ai trouvé ce livre assez décevant.


Trop de poncifs, trop de déjà lu, trop d’attendu.

J’ai parfois eu l’impression que l’auteur s’était contenté de suivre une recette de cuisine intitulée

« Pour un polar efficace vite fait bien fait il vous faut » :

1. Deux ou trois fantômes de petites filles mortes tragiquement

2. Une pincée de voisins taiseux prêts à tout pour que leurs secrets le restent

3. Un soupçon de berceuse inquiétante susurrée à l’oreille

4. Un décès inexpliqué

5. Quelques disparitions étranges

Mélangez le tout et vous obtiendrez Dix âmes, pas plus.


Vous l’avez compris, si vous aimez les polars complexes et bien ficelés, passez votre chemin. Si en revanche vous recherchez quelques heures de lecture haletante et facile, Dix âmes pas plus saura vous conquérir !

Je reste, pour ma part, très curieuse dé découvrir des autres publications de celui que l’on considère comme le meilleur auteur de polars de notre époque. Peut-être sauront-elles faire pencher la balance de l’autre côté ?


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