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  • loudebergh

Indécence manifeste, David Lagercrantz.


Un homme déclare « Je mens ».

Si c'est vrai, c'est faux. Si c'est faux, c'est vrai.

C’est ce que l’on appelle le Paradoxe du menteur (ou paradoxe d’Epiménide).


Drôle d’entrée en matière, ma direz-vous. Mais c’est l’angle qu’a choisi David Lagercrantz pour aborder les recherches du célèbre mathématicien et cryptologue britannique Alan Turing, auteur des travaux qui fondent l’informatique moderne et principal déchiffreur de la machine Enigma, utilisée par les allemands pendant la deuxième guerre mondiale.


Pour Alan Turing, petit génie un rien étrange, le paradoxe du menteur créait un problème fondamental au sein du système mathématique, ce qui aurait pu être, selon David Lagercrantz, le point de départ de la célèbre machine de Turing.


Jusqu’ici, tout va bien.

Venons-en aux faits. Nous sommes en 1954 en Angleterre. La paranoïa engendrée par la guerre froide se généralise. Deux employés du bureau des affaires étrangères ont été démasqués comme étant des agents soviétiques et la chasse aux sorcières de McCarthy contre les communistes et les homosexuels bat son plein.

Un matin pluvieux de juin, le corps sans vie du mathématicien Alan Turing est découvert à son domicile. Sur la table de chevet, une pomme croquée imbibée de cyanure.

Le célèbre mathématicien a été condamné deux ans plus tôt à la castration chimique pour son homosexualité ; l’explication d’un suicide semble convenir à tout le monde. Mais l’inspecteur Leonard Corell, en charge de l’enquête, s’intéresse de plus près au passé de Turing et cherche à comprendre pourquoi il continuait à être surveillé par les services secrets quelques semaines avant son décès.

Nous avons là tous les ingrédients nécessaires à la lecture d’un thriller hybride et entêtant : une enquête vertigineuse durant laquelle la police cherche à décrypter la vie d’un homme passé maître dans l’art du codage, brassant des thèmes chers à l’auteur comme la marginalité, les mathématiques comme grille de lecture du monde et les divers visages de l’espionnage mais…


Mais cela ne prend pas. Pour tout dire, je me suis véritablement ennuyée et me suis demandée à plusieurs reprises si je n’allais pas m’arrêter là.

J’y ai trouvé beaucoup de longueurs, un fourmillement de personnages à peine ébauchés psychologiquement et souvent caricaturaux, une écriture un peu poussive (à l’exception des paragraphes sur les découvertes d’Alan Turing et ses questionnements mathématiques), de trop nombreuses digressions peu intéressantes, des flash back trop parcimonieux et des dernières pages décevantes à souhait.


Malgré un scénario sur le papier alléchant, David Lagercrantz nous livre un roman sans suspens ni action qui, bien que magnifiquement documenté et passionnant sur le plan historique, se révèle à mon sens, quelque peu en deçà de ses ambitions.

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Louise DE BERGH, Saint Saphorin. 

loudebergh@gmail.com