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  • Photo du rédacteurloudebergh

Je ne suis pas là, Lize Spit.


Comme Débâcle avant lui, Je ne suis pas là de Lize Spit a tout de la machine infernale.

Quelques pages et nous voilà pris dans les mailles du filet.

L’étau se resserre, nous le savons: il faudra aller jusqu’au bout.

Coûte que coûte.


J’ai eu peur pourtant, 150 pages durant, de ne pas retrouver dans Je ne suis pas là la magie qui semblait avoir été déversée sur l’exceptionnel Débâcle.

Je trouvais le début du roman trop touffu, trop pleins de détails et d’adjectifs, de remarques étranges et d’annotations superflues.

Petit à petit cependant, j’ai compris ce que Lize Spit avait voulu faire,

à quel point ces détails avaient de l’importance,

et comment ils servaient l’implacabilité de ce récit.


Ça y est, j’étais prise dans le tourbillon de l’intrigue, la folie de l’histoire.

*

Dans une boutique branchée du centre de Bruxelles, Léo, la trentaine, dispose avec soin des piles de vêtements. Quand elle consulte son smartphone, placé en mode silencieux, et qu’elle découvre les messages paniqués de sa meilleure amie, elle saute sur sa bicyclette et se lance dans une course folle à travers les rues toujours encombrées de la capitale belge. Il lui reste onze minutes pour tenter d’empêcher l’irréparable.

Pour la jeune femme, les ennuis ont commencé dix mois auparavant, quand par une nuit de mai, Simon, son compagnon depuis dix ans, est rentré d’une soirée dans un étrange état d’excitation et arborant un curieux tatouage. Une rencontre décisive lui avait inspiré une idée géniale qui, croyait-il, allait le lancer dans une grande aventure créatrice et révolutionner sa vie, leur vie.


*

Avec la maestria qui la caractérise, Lize Spit donne à voir l’irruption de la maladie mentale dans un couple, un foyer, un cercle d’ami.e.s, une vie.

L’autrice n’illustre pas. Elle donne à sentir:

le déni s’installer, le malaise suivre. Et puis la chute, inéluctable.

L’hospitalisation, la perte de l’être aimé et la lutte.

L’espoir renaît mais ont le sait,

la descente n’en sera que plus brutale.


Je ne suis pas là est un livre cru, fin, intelligent et sensible, qui interroge ce que la société a de plus tabou, de plus difficile à comprendre parfois.

C’est un formidable pavé que l’on dévore le cœur au bord des lèvres et l’esprit en ébullition.

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