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  • loudebergh

L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafón.


Il n’y a rien de plus délicieux que de se laisser emporter par un roman,

de sentir son cœur vibrer avec celui de ses personnages,

son âme rebondir sur leurs doutes

et ses pas s’enfoncer dans les leurs.


Il est alors si doux, lorsque la vie nous laisse quelques minutes de répit, de nous plonger entre ses pages si nombreuses soient-elles ,

de nous laisser happer par son histoire,

et de la regarder s’emparer de notre être, faire corps avec notre vie.

Nous nous retrouvons grandis de quelques existences, de quelques aventures,

remplis d’un supplément de vie.


L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón est de ces livres que l’on ne présente plus : best-seller incontesté, encensé de toutes parts, loué par tous ses lecteurs.

C’est une grande histoire, lovée dans quelques 525 pages, une écriture superbe et une narration redoutable.

Un livre que l’on se réjouit de retrouver le soir venu, une fois les enfants couchés et le tumulte de la vie mis en sourdine.


*


Par un matin brumeux de 1945, dans la Barcelone de l’après-guerre civile, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets enterrés dans l’âme de la ville : L’Ombre du vent.


*


Je dois avouer qu’à la différence des dizaines de lecteurs dont j’ai pu lire les retours au sujet de cet admirable roman, je n’y suis pas entrée avec facilité. L’excellent magazine littéraire Lire écrivait à son sujet : « Si vous avez le malheur de lire les trois premières pages de ce roman, vous n’aurez plus aucune chance de lui échapper » et tout le monde semblait d’accord avec cette assertion.

Mais tel ne fut pas mon cas. Il m’a fallu plus de deux cents pages pour me sentir pleinement prise par l’intrigue. J’en aimais les thèmes certes, l’écriture, les personnages, mais il me manquait quelque chose,

un emballement, un brin de panache, je ne sais.


Et puis tout à coup, j’ai senti le roman basculer – et mon cœur avec.

J’étais cueillie, saisie, emportée. Je ne pouvais faire autre chose que de venir à bout de cette histoire, faire mienne son inexorable fin, goûter le plaisir de refermer le livre et de laisser ses mots envahir mon palais.

Car il avait tout pour me plaire : comme bon nombre d’assidus lecteurs, j’aime les livres qui parlent de livres. Autant vous dire que j’ai été servie. J’ai aimé ce roman d’apprentissage – classique certes, mais rondement mené –,

cette « petite » histoire – qui n’a de petite que le nom – inscrite dans la grande,

son intrigue à tiroirs, complexe et subtile, magnifiquement amenée,

et ces incursions de fantastique qui m’ont rappelé mes lectures adolescentes, fiévreuses et passionnées.


Ce roman est, en bref, un grand roman à dévorer en quelques jours,

une belle histoire à lire au coin du feu,

un endroit privilégié pour s’assoir un instant

et laisser le torrent de la vie s’ébrouer loin de nous

quelques heures durant.



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