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  • loudebergh

L'orpheline dans un arbre, Susie Morgenstern.


J’aime les romans pour la jeunesse. Ils ont la simplicité chevillée au corps, la pureté rivée à l’âme et ils ne s’embarrassent pas du détail.

Ils ne sont pas prétentieux, ils ne luttent pas contre l’étalage de bons sentiments, ils n’ont pas peur du too much.

Et s’ils sont – à juste titre – nettement plus adaptés à des yeux adolescents, ils gardent, pour le lecteur adulte, une saveur particulière :

Quelque chose qui aurait à voir avec la crème glacée, le sable entre les doigts de pieds, et les tours de Kapla.


*


« Décrivez la vie d’une famille californienne en trois cents mots ».

Avec un intitulé pareil, Clara-Camille Caramel avait peu de chance de gagner le concours d’écriture.

La Californie, c’est loin, très loin de la Côte d’Azur. Et la vie de famille, elle ignore ce que c’est. Ses parents se sont tués en avion quand elle avait deux ans et demi, sa grand-mère est morte quatre ans plus tard.

Mais l’écriture, c’est sa passion. L’imagination aussi. Et qu’imaginer sinon ce qui vous manque ?

Elle a gagné. Le gros lot consiste en un séjour dans une famille californienne. Une vraie. Avec un jeune homme charmant dedans. Il s’appelle Jeremiah et il écrit des lettres drôles, enjôleuses et poétiques à Clara-Camille.

Le problème, c’est qu’arrivée à San Francisco, elle tombe sur un Jeremiah de soixante-quinze ans qui vit seul avec son chien géant et fabrique des maisons dans les arbres.

Clara-Camille a quinze jours pour se résigner. Mais si elle en profitait pour découvrir bien plus qu’une famille ?


*


Je ne sais pas pour vous, mais chez moi, ce synopsis fait remonter pleins de doux souvenirs de lectures préadolescentes, tous chargés d’une grande préciosité.

Si certaines des péripéties de L’orpheline dans un arbre ont semblé tirées par les cheveux à la lectrice de vingt-huit ans que je suis, je suis presque certaine que cela n’aurait pas dérangé une seule seconde une lectrice ou un lecteur de treize ou de quatorze ans.

Parce que l’essentiel est , et qu’il n’est pas toujours nécessaire de monter sur ses grands chevaux et feindre la distance.

Les choses simples sont souvent les plus touchantes, les plus débordantes de vérité.


Il se trouve que je suis (presque) sûre d’avoir déjà lu ce livre il y a une quinzaine d’années. Je n’en ai gardé d’autre souvenir que celui que cette histoire m’avait plu, et avait touché le cœur en construction alors caché dans ma poitrine.

Jamais, à cette époque, je ne trouvais que c’était trop gros, que l’on n’y croyait pas.

J’y croyais parce que j’avais envie d’y croire, que j’étais du genre à me replier dans la fiction dès que cela était possible et que toutes belles histoires étaient bonnes à prendre.


Et lorsqu’elles étaient sorties de la merveilleuse plume de Susie Morgenstern, l’autrice pour la jeunesse que l’on ne présente plus, j’y fonçais, les yeux définitivement clos.

Et cela me rendait heureuse.


Comme cela m’a rendue heureuse de me replonger dans L’orpheline dans un arbre.

Il suffisait de jucher mes lunettes d’adolescente, de ne pas trop me la raconter, et d’ôter patiemment de mon cœur le blindage que les années avaient construit autour de lui.

Parce qu’il n’y a pas d’âge pour être ému aux larmes et que les adolescents sont certainement les plus forts dans ce domaine.

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