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  • loudebergh

La loi du rêveur, Daniel Pennac.


J’ai pris ce livre un peu comme ça, sur une des étagères de la bibliothèque municipale.

Parce que je venais d’entendre son auteur à la radio surtout, que je réalisais que cela faisait longtemps que je n’avais pas glissé mes yeux entre les pages d'un Daniel Pennac et que c’était le seul alors présent sur l’étagère à n’être pas encore tombé entre mes mains.


C’est probablement Daniel Pennac qui a fait de moi la lectrice que je suis aujourd’hui. Vorace, éclectique, infatigable.

Jeune adolescente, je me souviens avoir dévoré la merveilleuse série des Malaussène, cette saga improbable voyant s’ébattre avec bonheurs et malchances la famille de Benjamin Malaussène, « bouc-émissaire professionnel », dans un Paris haut-en-couleur.

C’était drôle, c’était vivant, c’était joyeux, c’était touchant. J’ai encore en mémoire quelques scènes rocambolesques sorties tout droit de l’esprit magnifique de son auteur.


Car ce que j’aime tout particulièrement dans l’écriture de Daniel Pennac, c’est qu’elle sonne.

C’est bien simple, lorsque je lis un Pennac, j’ai le sentiment d’entendre sa voix joviale et sautillante se glisser dans mon oreille. Comme s’il était là, juste derrière moi, assis sur un fauteuil, un roman ouvert sur les genoux, à me faire la lecture. C’est une impression très étrange et délicieuse à la fois : celle de croire, ne serait-ce qu’un instant que les mots qui nous sont lus ont été écrits pour nous.

Juste pour nous.


La loi du rêveur, si elle ne m’a pas laissée aussi amoureusement ravie que la saga des Malaussène ou le très exceptionnel Journal d’un corps, m’a néanmoins fait le même effet : j’entendais Daniel Pennac me raconter une histoire.

Son histoire.


*


« L’ampoule du projecteur a explosé en plein Fellini. Minne et moi regardions Amarcord du fond de notre lit.

- Ah ! Non ! Merde !

J’ai flanqué une chaise sur une table et je suis monté à l’assaut pour changer l’ampoule carbonisée. Explosion sourde, la maison s’est éteinte, je me suis cassé la figure avec mon échafaudage et je ne me suis pas relevé.

Ma femme m’a vu mort au pied du lit conjugal.

De mon côté je revivais ma vie. Il paraît que c’est fréquent. Mais elle ne se déroulait pas exactement comme je l’avais vécue. »


*


La loi du rêveur, c’est un improbable récit de quelques 166 pages dans lequel le lecteur ne sait, qui du rêve ou de la réalité, se cache derrière ses mots. L’hier et l’aujourd’hui s’entremêlent, la fiction et le vécu s’entrechoquent. J’ai parfois été perdue.

Quelques secondes tout au plus, rassurez-vous.

Avant de goûter au plaisir du « aaah mais ouiiii, c’est donc ça !

Il y avait quelque chose de savoureux à me laisser porter, tout simplement, et d’encore plus agréable à constater que l’on me menait en bateau.

Comment ?

Je ne faisais que le pressentir…


Mais c’était divin !

Sensible, drôle et pétillant.

Du Daniel Pennac comme on l’aime !

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