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  • loudebergh

Le Pays des oubliés, Michael Farris Smith.


Le Pays des oubliés de Michael Farris Smith est un roman d’une redoutable efficacité. Admirablement construit, littéralement ciselé, il se lit d’une traite, le souffle court et la peur au ventre.


Il est empli de hargne, de rage et de violence.

Ses personnages, les oubliés du monde qui file droit, les laissés pour compte, les abandonnés, jouent des poings et puis du cœur.

Pour survivre. Comme ils peuvent.

Écorchés – dans tous les sens du terme – ils se débattent. Souffrent et négocient. Ils font les mauvais choix, si tant est que choix il y a.

Ils sont ceux qu’on ne voit pas, les camés, les sauvages, les combattants.


*


Le corps cassé par une vie de combats, ravagé par de multiples addictions, Jack ne se sent plus la force d’avancer. Par amour pour Maryann, sa mère adoptive, qu’il refuse de décevoir une fois de plus, il va malgré tout devoir livrer son ultime combat, aux conséquences incertaines.


*


La voix de Michael Farris Smith est claire. Précise. Terrifiante.

Elle dit le monde des exclus, des misérables et des survivants. Le monde de ceux que le rêve américain a délaissés.

Elle dit l’Amérique qui a mal et qui fait mal. Celle des combats d’hommes et de chiens, des paris à la vie à la mort,

et des assassinats pour quelques centaines de dollars.

Elle dit le sang-froid et la folie,

Le désespoir et la fièvre rugissante.


« La terre de Big Momma Sweet était un endroit de violence mythique. Depuis le mercredi en fin de soirée quand Jack avait emporté le corps de Skelly sous la pluie pour l’enterrer, Big Momma Sweet avait répandu la nouvelle dans les bouis-bouis et les bars et les tripots du Delta comme une maladie mortelle. Big Momma Sweet organisait un combat. Un gros combat sans limite de paris. Et c’est Jack Boucher, l’enfoiré le plus imprévisible que vous ayez jamais vu jouer des poings. Dans deux jours, vendredi soir. Encaissez vos foutus salaires et venez. »


Entre les pages du Pays des oubliés, une poésie rare fait son lit.

Ça pue, ça suinte, ça saigne,

ainsi va la vie, ainsi va la mort.

Mais au détour d’une ligne ou d’un amour naissant, une lumière se dessine, un espoir surgit.

Et on s’y accroche, pour ne plus le lâcher.

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