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  • loudebergh

Leurs ailes de géants, Joost de Vries.


Leurs ailes des géants est un roman qui, malgré son titre superbe et son style impeccable, m’a laissée complètement de marbre.

Partout, les critiques parlent de Joost de Vries, son auteur, comme de « la relève post-moderne » des Lettres contemporaines, ayant commis « un roman ironique, prometteur et intelligent ».

Il est clair que je ne partage pas ce point de vue et que ces louanges me paraissent largement exagérées.

J’avais été attirée, à la librairie, par sa couverture soignée, à la fois onirique et originale, et m’étais laissée emporter par le résumé que les Editions Les Escales en faisaient.

Edmund et Sieger van Zeeland, deux frères brillants, mènent des vies très différentes mais partagent tous deux un goût pour la démesure et l’absolu.

Edmund aurait voulu naître un siècle plus tôt, lorsque conquérir un continent ou découvrir la source du Nil était encore possible. Faute de mieux, il parcourt le monde grâce à sa fortune, en quête d’un idéal. Quand l’épouse de son frère disparaît, il part à sa recherche, tenant enfin l’aventure dont il rêve depuis toujours.

Sieger lui, est reporter de guerre. Au cours d’une mission, il se retrouve impliqué malgré lui dans un attentat contre un politicien russe. Seul témoin de l’attaque, il parvient à s’enfuir, poursuivi par tous les services secrets d’Europe.

Les Escales présente le livre comme confirmant le talent époustouflant de Joost de Vries qui signe un roman cocasse et picaresque, traversé de références littéraires et de la culture pop, de Dostoïevski au Seigneur des anneaux en passant par Nietzche et Haribo.

Je me suis au contraire retrouvée entre les pages d’un roman sans queue ni tête,

saturé par la présence de deux personnages aussi imbus d’eux-mêmes que détestables,

bardé de références qui n’apportent rien

et enfermé dans une intrigue sans intérêt dont les seuls points captivants se trouvent au mieux esquissés, au pire non-abordés.

Le résumé évoque une épouse disparue à la recherche de laquelle Edmund se lance, mais c’est à se demander si l’éditeur a lu le roman tant il n’est jamais question d’une réelle disparition avec ce que cela implique. Edmund se retrouve également acteur dans le tournage d’une série à succès au cours duquel les accidents pleuvent sans pour autant parvenir à intéresser un tant soit peu le lecteur.

De la même façon, le fait que Sieger soit recherché par tous les services secrets d’Europe suite à un attentat transparait à peine entre les lignes du roman. J’ai eu le sentiment de me noyer dans ses réflexions égocentrées, ses coups de chance sortis de nulle part et ses atermoiements avec son journal.

Les deux frères sautent enfin d’un paysage à l’autre, d’une ville à l’autre, d’un pays à l’autre sans que nous ne parvenions à en saisir l’essence. Seul l’intitulé du chapitre situe l’action mais pas un paragraphe, pas une ligne, pas même un mot ne nous permet de nous plonger dans une ambiance quelconque.

Aucune émotion donc, autre qu’un profond ennui, n’a accompagné ma lecture.

Alors si c’est cela la relève post-moderne de la Littérature contemporaine, j’avoue passer mon tour sans grand désarroi.

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Louise DE BERGH, Saint Saphorin. 

loudebergh@gmail.com