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Sorcières, sages-femmes & infirmières, Une histoirE des femmes soignantes, Ehrenreich et English.


Voilà un essentiel !

Parmi tant d’autres, c’est indéniable

aux côtés de l’exceptionnel Sorcières, la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet et des Grandes oubliées, pourquoi l’Histoire a effacé les femmes de Titiou Lecoq.

Sorcières, sages-femmes et infirmières est un essai aussi concis qu’incisif ayant, depuis sa parution aux Etats-Unis en 1973, ouvert la voie à de très nombreux travaux de recherche.


Engagées dans le Mouvement pour la santé des femmes dans les années 1970, Barbara Ehrenreich et Deirdre English enquêtent sur les racines historiques de la professionnalisation du corps médical.

Portant un regard féministe sur les chasses aux sorcières en Europe et la suppression de la profession de sage-femme aux Etats-Unis, elles s’interrogent: et si, derrière ces évènements, se cachait une véritable monopolisation politique et économique de la médecine par les hommes de la classe dominante, reléguant peu à peu les femmes (qui occupaient alors les fonctions de soignantes) à la fonction subalterne d’infirmière docile et maternelle?

*

Je n’ai qu’un seul mot à la bouche en terminant ce brillant essai :

Révolte.

Et non loin derrière, ses cousines : Lutte, courage et ténacité.

Parce qu’il en faut pour publier un tel texte, pour le lire, et en échafauder une pensée, un plan, une volonté.

Oui, la profession médicale est une forteresse conçue et érigée pour exclure les femmes. Le sexisme du système de santé n’est pas accidentel. Il n’est pas « simplement » le reflet du sexisme de la société dans son ensemble ou de celui de certains médecins à titre individuel. Il est historiquement plus ancien que la science médicale elle-même ; il s’agit d’un sexisme profond et institutionnel.


Dans ce contexte, l’ennemi premier des femmes est le système de classes dans sa globalité qui a permis aux soignants masculins de la classe dominante de l’emporter.

Car il n’existe aucun justification historiquement cohérente à l’exclusion des femmes des rôles de soignantes. Rien, dans leur « nature féminine innée » ne justifie leur soumission actuelle.

Si les hommes maintiennent leur pouvoir dans ce système de pensée, c’est grâce à leur monopole sur les connaissances scientifiques. Les femmes, elles, ont appris à croire que ces connaissances étaient hors de leur portée (je rappelle ici que Sorcières, sages-femmes et infirmières, Une HistoirE des femmes soignantes a été écrite dans les années 70 - les choses bougent!). Dans leur frustration, elles ont souvent été tentées de rejeter la science plutôt que de défier les hommes qui se l’étaient appropriée.

Pourtant, la science médicale peut être une force libératrice!


Jamais nous ne devons confondre professionnalisme et compétence.

Les hommes qui se sont peu à peu approprié la compétence médicale étaient au combien moins compétents que les « empiriques », sorcières et sages-femmes qui exerçaient alors. Pourtant, et parce qu’ils disposaient du pouvoir politique, économique et social, ils ont eu le dessus (bûchers, interdiction d'exercer, d'accéder aux Universités, aux postes dans les hôpitaux...).


L’oppression des femmes en tant que travailleuses de la santé est inextricablement lié à leur oppression en tant que femmes.

Le métier d’infirmière - leur rôle principal dans le système de santé - n’est rien d’autre que le prolongement, dans le monde du travail, de leurs rôles d’épouses et de mères. Les médecins sont les patrons, dans une industrie dont les travailleuses sont principalement des femmes.

De fait, et pratiquement, il est impossible, dans le système de santé actuel, de séparer l’organisation de la lutte des travailleuses et travailleurs de l’organisation de la lutte féministe.


Vous l’avez compris, Sorcières, sages-femmes et infirmières, une HistoirE des femmes soignantes est un essai brillant, remuant, révoltant et vivifiant.

Soignant.e.s comme usager.ère.s, à nous de prendre part à cette lutte magnifique! Seule source possible d’émancipation libératrice.

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