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  • loudebergh

Toute une moitié du monde, Alice Zeniter.


Il n’y a pas à dire, c’est diablement intelligent.

Admirablement ficelé, magnifiquement nourri, superbement transcrit.

Vous me direz, venant d’Alice Zeniter, c’est assez peu étonnant.


Effectivement.

C’est assez peu étonnant mais tout de même. Je tiens à le souligner.

Quand on sent son cerveau chauffer, ses yeux brûler et son cœur battre plus vite à l’évocation d’une idée, c’est qu’il y a quelque chose.

Un quelque chose que je serai bien en mal de vous expliquer tant ce texte est érudit (bien que tout à fait accessible, rassurez-vous).


Alors je vous propose de rédiger cette chronique en deux temps :

1. Quelques lignes sur le pourquoi de ce livre

2. Et quelques autres sur ce qu’il m’a fait vivre.

Je serai brève promis, car croyez-moi, ce texte est mille fois plus brillant que moi, vous avez tout intérêt à le lire lui.

1.

En bas de la page 13, Alice Zeniter écrit : « Le printemps s’est terminé. Le premier confinement aussi. Les questions, elles, sont restées, avec leur arrière-goût âcre. Je veux à la fois que la fiction m’arrache au monde et qu’elle m’éduque sur lui. Est-ce que les deux sont irréconciliables ? C’est, en gros, le sujet de ce livre.

(Je précise bien « en gros ». Sinon, certains passages auront clairement l’air d’un hors-sujet). »


Voilà donc pour le pourquoi de cet ouvrage :

Alice Zeniter nous invite à ouvrir en grand les fenêtres de la fiction en repensant nos façons de lire les histoires que l’on nous raconte.

Il y est question de la place des femmes dans la fiction, de ce qu’implique le fait d’être une autrice et de la « parade virile » que constitue l’essentiel des récits qui ont façonné la Littérature. La deuxième partie de l’ouvrage, elle, plus technique et référencée (encore que) aborde plutôt l’art de l’écriture, celui de créer un ordre dans le chaos comme disait Toni Morrison.

Inutile d’en savoir plus, si ces sujets chatouillent vos neurones, il y a des chances que, comme moi, vous dévoriez ce texte – au point d’en avoir les yeux qui brûlent, mais ça, je l’ai déjà dit.

2.

Ce livre, brillantissime je le répète, m’a fait traverser un joli panel d’émotions. J’ai été d’accord puis pas d’accord, émue puis en colère, transcendée puis indifférente. Chacune des idées soulevées par Alice Zeniter me parlait au plus haut point. Tant à l’insatiable lectrice que j'étais qu’à la jeune autrice que je tentais d’être depuis peu.

J’ai aimé l’état dans lequel ce livre m’a mise (fébrile et passionné), les paysages qu’il m’a fait sillonner (érudits, truculents, joyeux), les idées qu’il a fait germer dans ma tête.


Je ressors de cette lecture grandie (de quelques centimètres, j’en suis sûre !), pleine d’admiration (plus que je ne l’étais déjà) pour la merveilleuse autrice qu’est Alice Zeniter et définitivement troublée par la force de la vague que les questions abordées entre ses pages soulève.

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