top of page
Rechercher
  • Photo du rédacteurloudebergh

Âme brisée, Akira Mizubayashi.


Souvent, sur ce blog, je vous parle de livres tombés à point nommé,

de livres arrivés sous mes yeux et entre mes mains alors que mon cœur débordait du besoin de leurs mots.

Des livres qui semblaient avoir été écrits pour moi, pour cet instant particulier, ces quelques heures de vie.

Mais je vous parle un peu moins souvent des livres pour lesquels cela n’a pas été le cas.


*


Tokyo,1938. Quatre musiciens amateurs passionnés de musique classique occidentale se réunissent régulièrement au Centre culturel pour répéter. Autour du japonais Yu, professeur d’anglais, trois étudiants chinois, Yanfen, Cheng et Kang, restés au Japon, malgré la guerre dans laquelle la politique expansionniste de l’Empire est en train de plonger l’Asie.

Un jour, la répétition est brutalement interrompue par l’irruption de soldats. Le violon de Yu est brisé par un militaire, le quatuor sino-japonais est embarqué, soupçonné de comploter contre le pays. Dissimulé dans une armoire, Rei, le fils de Yu, onze ans, a assisté à la scène. Il ne reverra jamais plus son père… L’enfant échappe à la violence des militaires grâce au lieutenant Kurokami qui, loin de le dénoncer lorsqu’il le découvre dans sa cachette, lui confie le violon détruit. Cet événement constitue pour Rei la blessure première qui marquera toute sa vie.


L’éditeur ajoute :

« Dans ce roman au charme délicat, Akira Mizubayashi explore la question du souvenir, du déracinement et du deuil impossible. On y retrouve les thèmes chers à l’auteur d’Une langue venue d’ailleurs : la littérature et la musique, deux formes de l’art qui, s’approfondissant au fil du temps jusqu’à devenir la matière même de la vie, défient la mort.


*


Âme brisée aurait pu être de ces livres qui, je le disais, tombent à point nommé – et ce, d’autant plus pour des lecteur·ices qui, comme moi, traversent une période assez particulière de leur vie, pleine de chamboulements et de voyages dans leur propre passé :

son auteur est un immense écrivain couronné de prix,

toutes les critiques au sujet de ce sixième roman sont élogieuses au possible,

l’éminent pédopsychiatre Bernard Golse lui consacre plusieurs de ses conférences,

et les libraires sont souvent dithyrambiques quand il s’agit de le recommander.

Cela faisait par ailleurs plusieurs mois que mon mari m’incitait à m’y plonger, fasciné et bouleversé qu’il avait été par cette lecture.


Pourtant, entre mes mains, la magie n’a pas pris. J’ai été gênée par cette écriture scolaire et blanche, ces descriptions éculées et ces envolées lyriques un peu feintes. Je n’ai pas été touchée par cette histoire pourtant originale, les personnages m’ont semblé assez désincarnés et leurs discussions désaffectées. Comme si quelque chose sonnait faux dans cet ensemble.


Il m’a manqué la lumière, la fougue, l’étreinte et la brisure. La vie somme toute. Ce qui meut et emporte. Déplace, tout simplement.

Là, je n’ai pas bougé d’un iota.

Âme brisée n’était probablement pas pour moi. Du moins pas à ce moment de ma vie.


79 vues2 commentaires

Posts récents

Voir tout
bottom of page