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  • loudebergh

Betty, Tiffany McDaniel.


« Aucune eau ne connaît le repos. »

Si les vagues provoquées en mon âme par cette lecture vont certainement, avec le temps, perdre de leur force,

je le sais, jamais les eaux qui s’y agitent ne seront plus tranquilles.

Parce que l’on n’est plus vraiment la même après avoir refermé Betty de Tiffany McDaniel.

J’ai pour la première fois entendu parler de ce roman, paru cette année aux excellentes éditions Gallmeister, dans l’émission La Grande Librairie, que je regarde chaque semaine avec passion:




Et outre les propos dithyrambiques de la libraire interrogée et ceux de François Busnel évoquant Betty comme « le grand roman américain de l’année 2020 », j’ai pu constater que la toile toute entière s’enflammait pour cette dernière parution, sortie tout droit de l’Ohio. J’étais passée à côté du phénomène que représentait ce pavé de 715 pages, je me sentais comme un devoir d’y remédier.

« Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne. »

La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, née dans une baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et sœurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu’un jour toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler.


Betty raconte les mystères de l’enfance et la perte de l’innocence.

A travers la voix de sa jeune narratrice, Tiffany McDaniel chante le pouvoir des mots et donne naissance à une héroïne universelle.

Une héroïne universelle.

Les mots de l’éditeur sonnent terriblement juste.

Si cela était possible, c’est le nom de Betty que j’aimerai donner au petit être qui sommeille encore dans mon ventre tant le personnage m’a marquée.

J’ai aimé sa force, son incandescence, sa ténacité.

J’ai aimé sa beauté interdite, ses combats et sa grandeur d’âme.

Sa passion, ses errements et ses coups de pied.

Une fille forte, amenée à devenir une femme d’une puissance infinie, agitée par les histoires d’un père qui, toute sa vie durant, n’a cessé d’enfouir des fragments de poésie dans la terre froide de leur monde cruel.

Un père universel lui aussi. Bon, aimant, droit, rêveur.

Un père infaillible, protégé par des millénaires d’histoires toutes plus merveilleuses les unes que les autres,

Un père présent, prêt à se brûler les mains pour un petit morceau de justice.


Betty est un livre d’une noirceur infinie parfois, d’une crudité sans nom.

Certains passages m’ont laissée chancelante et terrifiée. C’est un livre qui saigne et impose, un livre qui danse sur le fracas de la haine, sous le sabot de l’injustice.

Mais c’est aussi un roman plein de grâce, de lumière et de poésie.

Un roman recouvert d’une infime poussière d’étoile capable d’éclairer la nuit toute entière et d’allumer en notre cœur un flambeau inextinguible.

« Ton père, lui, ne connaît rien de tout ça. Les seuls nombres que Landon Carpenter a en tête, c’est le nombre d’étoiles qu’il y avait dans le ciel la nuit où ses enfants sont nés. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais moi je dirais qu’un homme qui a dans la tête des cieux remplis des étoiles de ses enfants est un homme qui mérite leur amour. En particulier l’amour de celle qui avait le plus d’étoiles. »

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Louise DE BERGH, Saint Saphorin. 

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