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  • loudebergh

Forte-tête, Edith Ayrton Zangwill.


Quel immense plaisir de lecture !

Quelle incroyable découverte !

Quelle joie, par ces temps troublés, de se plonger des heures durant entre les pages de ce roman fascinant !

Les mots me manquent, mon cœur s’emporte, ma joie est vive. Un immense merci aux Editions Belfond pour l’envoi de ce bijou. Je suis conquise.


Comment un tel roman, publié en Angleterre en 1924 a-t-il pu rester de si nombreuses années éloigné du public français ? Comment se fait-il qu’aucune âme traductrice n’ait souhaité se pencher sur cette merveille avant mars 2020 ?

Qu’importe, quoiqu’il en soit, il est heureux qu’un jour, une certaine Catherine Gibert (qu’elle en soit éternellement remerciée) se soit emparé de ce livre adulé outre Atlantique et lui ait donné une voix française.


C’est un roman comme je les aime depuis toute jeune : une belle fresque historique, passionnante, haletante, élégante et enrichissante.

De celles qui te donnent l’envie de lire jusqu’au bout de la nuit ou tout le jour durant, animé par le désir d'en connaître l’aboutissement autant que par celui que jamais cela ne s’arrête.

Qui te font voir la vie en plus grand,

qui te donnent du baume au cœur et de la grandeur d’âme.

De celles qui te font te sentir un rien privilégié d’en avoir appris beaucoup,

et qui te rappellent, enfin, que la lecture a ce pouvoir merveilleux : celui de te transporter loin très loin, dans un autre monde, un autre temps, à une vitesse vertigineuse et sans rien demander en retour.


Dans le Londres de 1909, Ursula Winfield est ce que l’on appelle une « forte-tête ». Là où toutes les autres filles de la bonne société courent les régates et les afternoon tea, la belle et brillante jeune femme passe ses journées à multiplier les expériences dans son laboratoire, avec l’espoir d’intégrer un jour la très prestigieuse Société de Chimie.

Et rien ne peut la détourner de sa mission, ni les conventions sociales ni son amour balbutiant pour le beau Tony Balestier. Jusqu’au jour où la voilà entrainée, bien malgré elle, dans le combat des suffragettes, ces terribles « viragos » qui mettent Londres sens dessus dessous afin d’obtenir le droit de vote.


Livre culte en Angleterre, considéré comme le premier roman de suffragettes, Forte-tête, paru en 1924 et encore inédit en France, est avant tout un inoubliable portrait de femme. Impossible de résister, nous informent les Editions Belfond en quatrième de couverture, à la puissance, au charme drolatique d’Ursula, à son courage et à sa folle liberté.


Forte-tête déborde de vérité, de justesse et de passion. Pas étonnant me direz-vous ! Edith Ayrton Zangwill semble des mieux placée pour nous conter ces femmes émancipées ayant largement contribué au combat pour les droits des femmes. Sa mère fut l’une des premières femmes à devenir médecin à Edimbourg et sa belle mère, la première à recevoir une médaille de l’Académie des Sciences pour son travail sur l’arc électrique.


Alors dans leur ombre, entre les pages de ce roman, nous plongeons dans le Londres des années 1909-1918 sur les pas d’une Ursula impressionnante de ténacité, de force et de passion, ballotée entre deux mondes que tout oppose: une vieille aristocratie plénipotentiaire accrochée à ses acquis et ses croyances, et une jeunesse féminine issue de toutes les classes et désireuse de faire valoir ses droits politiques et sociaux. En sa compagnie, Edith Ayrton dresse le portraits de personnages hauts en couleurs, souvent admirables, parfois détestables, mais toujours terriblement humains. Et tout autour d’eux, magistralement, virevolte un Londres merveilleusement ancré. On y entend le bruit des sabots des chevaux sur le pavé humide, les cris des suffragettes devant le Parlement, et les froufrous des robes que l’on peine à quitter.


Le tout semble couler de source en une rivière aussi sinueuse qu’impétueuse.

Pour notre plus grand plaisir.

On en a appris beaucoup,

on a été ému aussi,

et l’on ne peut que se réjouir que de telles femmes aient peuplé et peuplent encore nos vies et nos romans, pour faire de ce monde un rêve plus juste.

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Louise DE BERGH, Saint Saphorin. 

loudebergh@gmail.com