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Autant en emporte le vent, Margaret Mitchell.

  • Photo du rédacteur: loudebergh
    loudebergh
  • il y a 51 minutes
  • 3 min de lecture

Lire la nouvelle traduction d’Autant en emporte le vent c’est faire une traversée. Celle d’un fleuve aux remous incessants, plein de circonvolutions et de pièges infernaux. C’est faire un voyage inoubliable dans la Géorgie de la fin du XIXème siècle, un périple dont on ressort hagard et subjugué.


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À seize ans, Scarlett O’Hara, riche héritière d’une plantation de coton, voit ses rêves partir en fumée. Ashley Wilkes, dont elle est amoureuse, en épouse une autre. Puis éclate la guerre de Sécession. C’est pourtant au coeur de ce chaos qu’elle rencontre Rhett Butler, homme à la réputation sulfureuse. Ils affronteront ensemble les pires heures du siège d’Atlanta et verront s’effondrer leur monde. Au milieu des décombres d’un pays en ruine, Scarlett ne cessera d’affirmer son indépendance et s’ouvrira peu à peu à une vie nouvelle. 


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Alors oui, je sais, ce texte est éminemment controversé. Il n’est pas seulement le reflet d’une époque raciste et violente, mais a longtemps constitué une œuvre de soft power d’une valeur inestimable, un regard on ne peut plus tendre, posé par une géorgienne du XXème siècle, sur un sud esclavagiste et fier de l’être. Pour être clair, Autant en emporte le vent, c’est la négation même de l’oppression des noir.e.s, c’est l’expression mirifique d’une époque qui ne l’était que pour les blancs – vision complètement erronée et immonde d’esclaves satisfaits de leur sort. Car oui, c’est de cela dont témoigne ce livre, inutile de se cacher derrière son petit doigt. 


Mais voilà, Autant en emporte le vent, ce n’est pas que cela, loin de là. S’il est évident qu’il présente une réalité du sud pendant et après la guerre de Sécession qui est maintenant et par bien des aspects insupportable, ce récit est avant tout celui d’une héroïne exceptionnellement forte et résiliente. En donnant vie à Scarlett O’Hara, Margaret Mitchell a accouché d’une figure exceptionnelle : un personnage féminin que rien ne fait ployer. 

C’est bien simple : jamais je n’ai été aussi saisie par un personnage, par sa complexité surtout. Scarlet O’Hara est fière, vorace, malhonnête et opportuniste, mais on ne peut que l’aimer à la folie (il faut lire le livre jusqu’à la fin pour cela!). 


Autant en emporte le vent, à qui cette nouvelle traduction – plus moderne et plus proche du texte initial – rend magnifiquement hommage, c’est un concentré de force et de ténacité. Quelques 1400 pages d’une incandescence folle et que l’on lit dans un souffle, transi et passionné. C’est le portrait d’une femme de la fin du XIXème comme il en existe peu, dans un langue tenue, sensible et sobre. Quelque chose d’incroyablement maîtrisé pour un texte aussi ample. C’est une envolée portée par un souffle romanesque tout bonnement inoubliable. 


Et c’est un univers aussi, un microcosme, une vision du sud des Etats-Unis d’alors et d’un monde qui disparaît dans la violence et le ressentiment. Un monde auquel Margaret Mitchell parvient pourtant à injecter une indicible beauté. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant qu’Hollywood s’en soit emparé tant le roman est cinématographique. Chaque scène grouille d’images, baroques, touffues, grandioses. 


Et les personnages! Scarlett, Rhett, Mélanie, Mammy… Flamboyants en diable, admirables et ombrageux. De ceux qui ne se laissent pas saisir d’emblée, comme de simples silhouettes. Ce sont des êtres de chair et de sang, un précis d’humanité en ce qu’elle a de plus beau et de plus ignoble. 


Margaret Mitchell est une conteuse admirable et son récit, de ceux dont on ne peut sortir autrement que passionnément épris.e. Passionnément conquis.e. Mythique et trouble, n’est-il après tout pas l’incarnation même de ce qu’est la littérature? Une chose absolument magique capable de tout déplacer en son lecteur.ice pour mieux le.a ferrer ensuite? 

 
 
 

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Louise DE BERGH, Chardonne. 

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