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  • Photo du rédacteurloudebergh

L'amour sans le faire, Serge Joncour.


Lorsque l’on se trouve privé·e de la touche « espace » de son ordinateur,

que celle-ci a décidé, deux jours plus tôt, de ne plus officier comme à son habitude depuis douze ans,

que l’on se voit obligé·e de « copier-coller » des espaces entre des mots devenus interminable suite de lettres,

mais que l’on est pris·e du désir irrépressible d’écrire au sujet d’un texte flamboyant,

on doit faire court.

Parce que franchement, on a connu moments d’écriture plus agréable.


Alors on cite, en bloc et en désordre :

La joie pure et viscérale de goûter à nouveau l’écriture de Serge Joncour - découverte quelques années plus tôt dans l’admirable Chien-loup -,

le délice de lire la nature dans ce qu'elle a de plus charnel et de plus dur,

le bonheur du plongeon dans une histoire que l’on n’imagine pas lâcher un seul instant,

et le plaisir de la sensation pure, ressentie à chaque ligne.


On cite la moiteur de la peau quand l’été se fait caniculaire,

la fraicheur de l’eau qui jaillit d’une canalisation bouchée,

la douceur du café glacé à l’ombre d’un parasol criard

et la tendresse de l’image frémissante arrachée au quotidien.


On convoque le bruit assourdissant d’un silence vieux de dix ans,

mais surtout, surtout :

on parle de la puissance d’un texte qui dit comme personne la renaissance,

la sève qui coule à nouveau dans les veines et le suc qui pétille,

on dit le désir de courir à nouveau, d’aimer, de sentir, de toucher,

et l’appétit du monde qui revient alors qu’on le croyait à jamais disparu. On dit l'allégresse, somme toute, l'allégresse du rescapé.


*


Après dix ans de silence, Franck téléphone un soir à ses parents. Curieusement, c’est un petit garçon qui décroche. Plus curieusement encore, il s’appelle Alexandre, comme son frère disparu des années auparavant. Franck décide alors de revenir dans la ferme familiale. Louise, elle, a prévu d’y passer quelques jours avec son fils. Franck et Louise, sans se confier, semblent se comprendre. « On ne refait pas sa vie, c’est juste l’ancienne sur laquelle on insiste », pense Franck en arrivant. Mais dans le silence de cet été ensoleillé et chaud, autour d’un enfant de cinq ans, « insister » finit par ressembler à la vie réinventée. L’Amour sans le faire, c’est une histoire de la tendresse en même temps qu’un hymne à la nature, une nature sauvage, imprévisible, qui invite à changer – et pourquoi pas à renaître.






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