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  • loudebergh

Le gosse, Véronique Olmi.


Je crois n’avoir pas lu d’histoire aussi extraordinaire depuis longtemps.

De récit aussi sauvage, aussi puissant, aussi terrible.


Quelques 300 pages dévorées en quelques heures, la peur au ventre, la rage au cœur,

et toujours,

collé à la peau,

ce mantra : ce n’est pas vrai, dites-moi que ce n’est pas vrai.


Pourtant tout l’est. L’a été. L’histoire que Véronique Olmi nous raconte est celle de milliers d’orphelins dans la France des années 20-30.

Une histoire d’une cruauté sans nom.

Terrible, abjecte, incroyable.


*


Joseph a sept ans. Il est né après la Première Guerre mondiale dans les quartiers pauvres de la Bastille, à Paris. Grandir entouré de l’amour de sa mère et de sa grand-mère, apprendre et découvrir sont les moteurs de toute sa vie.

Mais son monde bascule le jour où sa mère disparaît et où il devient pupille de l’État, un État qui a mis en place tout un système de « protection » des enfants pauvres, dont les bonnes intentions n’ont d’égal que la cruauté. De la prison pour enfants à la colonie pénitentiaire, la force de Joseph, les coups de dés du hasard, et la découverte de la musique lui permettront de traverser le pire.

Dans une France portée par l’espoir du Front Populaire, peut-être retrouvera-t-il sa vie et sa joie.


*


J’ai lu ce récit d’une traite, terrassée par son propos : l’histoire de ce gosse, rendu orphelin par les affres du destin et transformé en pion dans l’effroyable jeu de « l’Assistance publique ». Baladé de maisons de redressement en prisons, et de prisons en bagnes pour enfants.

Ces lieux ont existé.

À Paris, en Province, sur tout le territoire français.

Y régnaient les pires sévices, les pires tortures, les pires cruautés.

Des enfants faits esclaves,

subissant,

travaillant,

chaque heure que Dieu faisait.

Rendus inhumains. Des bêtes de somme et de douleurs.

Incapables de tout, incapables de vivre.

C’était il y a 100 ans.


Véronique Olmi nous livre cette histoire dans une langue d’une précision confondante. Haletante. Sublime.

Je me suis surprise à tenter de me raccrocher, tout au long du récit, à l’hypothétique espoir que le ciel finirait pas s'éclairer, et la tempête se calmer. Une page plus tard, dix pages plus tard, cent pages plus tard ! Promis, je ne dirai rien de si cet espoir fut vain ou pas.

Mais plusieurs fois je me suis retrouvée à bout de souffle. Littéralement bouleversée.


Et captivée.

Prise, emportée.

Comme cela ne m’arrive pas tous les quatre matins, je dois l’avouer.


Je me suis jetée dans ce texte poignant, déchirant de justesse et d’effroi, comme dans un torrent rugissant. J’en suis ressortie abasourdie, stupéfiée, littéralement essorée.

Avec Le gosse, l’écriture de Véronique Olmi s’était transformée en plaidoyer. En force d’indignation, en véritable dénonciation de la cruauté des hommes, de leurs déviances et de leurs haines.


Le tout pour une émotion magnifique, une épopée fiévreuse et un printemps des consciences.



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