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Qui se ressemble, Agnès Desarthe.

  • Photo du rédacteur: loudebergh
    loudebergh
  • il y a 1 heure
  • 2 min de lecture

Qui se ressemble d’Agnès Desarthe est une plongée. 

Qui m’a plusieurs fois chaviré le cœur et fait tressaillir les sens. 

Parce que c’est un texte doux comme un souvenir, suave comme un gâteau au miel et âpre. 

Plus âpre qu’un arrachement. 


*


« 1956, Besançon : un jeune homme venu d’Algérie découvre la France.


6 octobre 1973, Paris, jour de Kippour : une enfant comprend confusément qu’une guerre vient d’éclater. 


Au fil du texte, la chanson Enta Omri d’oui Kalsoum devient fil d’Ariane : une musique-mémoire pour dire l’exil, la langue, la transmission, la traduction – et ce « douanier » imaginaire qui laisse passer les mots mais retient la culture. 


Avec une justesse éblouissante, Agnès Desarthe signe un récit à la fois intime et ample où la musique ouvre les portes du passé et éclaire la complexité d’une appartenance. 


*


J’ai été subjuguée par la capacité d’Agnès Desarthe (autrice que j’admire depuis ma plus tendre enfance) à convoquer dans mon esprit des images. Une multitude d’images : à Paris, en Algérie, dans un salon, devant un télé, autour d’une table, sur un palier ou à côté d’un tourne-disque. Certaines m’ont écorché le cœur, je ne sais même pas pourquoi. Elles ont fait résonner en moi un souvenir que je croyais perdu, une émotion retrouvée, une tristesse logée dans la poitrine. J’ai passionnément aimé ce film en plusieurs actes créé, cette magnifique alchimie née des mots posés sur la page. Sous la plume d’Agnès Desarthe, ils convoquaient le monde, dessinaient pour lui rêves et réalités. 


Et puis la guerre qui fait exposer le quotidien, l’exil qui libère et entrave aussi, le deuil, la perte et ces cicatrices qui jamais ne disparaissent. Agnès Desarthe nous les donne à lire avec une précision inouïe, dans une langue sensible et fine, apte à forger des univers à la seule force du poignet.  


« Le petit garçon n’ose pas lui demander si c’est à cause de lui que Chaoul est mort. Il garde la question dans sa poitrine, aux alentours du sternum. Elle creuse légèrement son torse et rentre ses épaules en dedans. »

Qui se ressemble est un récit aux allures de coffre aux trésors. On y plonge avec gourmandise pour en ressortir plus riche de mille et une images. 

 
 
 

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Louise DE BERGH, Chardonne. 

loudebergh@gmail.com

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