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  • loudebergh

Les Sœurs de Blackwater, Alyson Hagy.

Dernière mise à jour : 11 déc. 2022


Il y a parfois quelque chose d’absolument délicieux à ne pas tout saisir d’un texte.

Il a beau être ouvert devant nous,

livré à nos yeux curieux, à nos mains touche-à-tout,

voilà qu’il nous résiste :

nous ne parvenons pas à ôter son manteau de mystère,

épais et soyeux.


Nous nous inquiétons un peu au début.

Sera-ce ainsi tout le long ?

Mes pieds parviendront-ils à se poser sur un sol plus palpable,

une terre moins meuble ?


On hésite à le laisser de côté,

se contenter d’un ce n’est pas pour moi, en le rangeant négligemment sur l’étagère,

mais il y a cette chose,

cette essence, ce mystère

qui nous empêche de nous éloigner de ses lignes.

Il y a cette grâce, cette magie, cette splendeur logée entre ses mots,

cette espérance que le puzzle s’assemblera

plus tard.


Alors on garde le texte sous notre oreiller, dans notre sac à dos ou à côté de la baignoire dans laquelle les enfants babillent,

et l’on s’y plonge dès que la vie nous laisse un instant.

Parce ce manteau de mystère est plus doux que tout ce qui nous été donné à lire,

et qu’il est délicieux de se laisser porter le temps d’une lecture.


*


Sorcière pour les uns, sainte pour les autres, elle seule sait encore lire, écrire, fabriquer de l’encre et du papier, et on vient de loin pour obtenir d’elle une lettre.

Dans une Amérique balayée par d’étranges fièvres, des hordes de mercenaires et d’Indésirables, elle a su garder sa ferme, fidèle à la mémoire de sa sœur.

Mais l’arrivée de Mr Hendricks met fin à ce fragile équilibre. Son étrange magnétisme libère en elle tous les fantômes, l’entrainant dans un voyage bien au-delà de la rivière de Blackwater, sur les terres du tout-puissant Billy Kingery.


*


Ce texte est, vous l’avez compris, complètement inclassable,

plus fuyant qu’un torrent de montagne, plus libre qu’une phrase lancée dans le vent.

Il est insaisissable, difficile à appréhender parfois, rude au toucher.

Mais il a quelque chose de somptueux et de rare,

quelque chose de grandiose qui peine à être nommé.

Ses mots ont la force des marées et la grandeur de la terre,

son chant est celui des esprits, mutiques et puissants.

C’est une ode magistrale au pouvoir de l’écrit,

seule arme et seul remède dans un monde trop violent.

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