A splintering, Dur e Aziz Amna.
- loudebergh
- il y a 8 heures
- 2 min de lecture

J’aime l’ouverture à l’altérité que constitue le roman, la fenêtre qu’il se propose d’être sur l’ailleurs, la baie, éclaboussée de lumière, la lucarne aux contours toujours repoussés.
J’aime lire dans d’autres langues que la mienne – l’effet n’en est que plus sensible : l’ailleurs, plus présent encore. L’Autre, à jamais incarné.
C’est sans l’ombre d’un doute pour ces raisons – et tant d’autres aussi – que je me suis enthousiasmée pour A splintering de Dur e Aziz Amna, autrice Pakistanaise installée aux Etats-Unis. Tout en son roman criait le contraste. J’en suis sortie les yeux plus ouverts, l’esprit à jamais marqué.
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Dans un village de la campagne pakistanaise, Tara attend et observe. Bouse et poussière imprègnent son univers. Elle rêve désespérément de quitter la vie mesquine du village et d’échapper à l’emprise de son frère violent et imprévisible. Son mariage avec un comptable de la classe moyenne lui permet de trouver refuge à la capitale, mais elle se rend vite compte que la vie de femme au foyer respectable ne lui suffit pas. Elle veut ce que possèdent les mères riches de l’école de ses enfants. Elle veut ce que possèdent leurs maris.
Son désir de richesse et de liberté devient une obsession. Mais peut-elle vraiment se débarrasser de son passé ? Et qu’en est-il du spectre menaçant de son frère, qui lui rappelle les liens qui l’attachent à la vie qu’elle a laissée derrière elle ?
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J’ai été complètement – littéralement, infiniment – séduite par ce roman. Par ce mélange enivrant et électrisant de rage féminine, d'ambition économique, d'éveil érotique et de mépris cinglant. Dénonçant sans détour le patriarcat au Pakistan, il m’a rappelé le choc qu’avait constitué à l’époque la lecture du Silence d’Isra d’Etaf Rum.
Sur fond de violence politique et de catastrophe naturelle, A Splintering retrace la lutte d’une femme dévorée, par l’ambition, pour s’extraire de sa condition. Avec une maestria indéniable, une passion et un fougue insensée, Dur e Aziz Amna nous donne à lire un personnage complexe et inoubliable qui va tout risquer pour se forger une vie qui lui est propre.
Tara m’a d’ailleurs souvent fait penser à l’Emma de Jane Austen – difficilement aimable parfois, désirant toujours plus, au mépris de tout –, éminemment romanesque et superbement riche.
Indocile, la colère chevillée au corps, refusant l’injustice et l’état de fait, Tara incarne le mouvement, coûte que coûte, le déplacement, l’ascension.
Quitte à se brûler les ailes
mais qu’importe,
le ciel est plus bleu au-dessus des nuages.
A splintering n’a, à l’heure actuelle pas été traduit en français.
Mais qui sait ce que l’avenir lui réserve?




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