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  • Photo du rédacteurloudebergh

Feu, Maria Pourchet.


Abrasif.

Feu de Maria Pourchet l’est définitivement.

Révolutionnaire aussi.

Ajoutons grandiose pour faire bonne mesure.


C’est un livre qu’on lit d’une traite. Le souffle court, l’âme en chantier. Sidéré·e d’avoir de tels mots sous les yeux. De telles phrases. Un tel rythme. Emporté·e par cet élan infernal, cette langue renversante, pleine de sanglots, de rires et de larmes.

Feu est une plaie ouverte, un rire mauvais, une brûlure sur le front, une affaire de vie et de mort.


*


Laure, prof, est mariée, mère de deux filles et propriétaire d’un pavillon. À quarante ans, elle a parfois l’impression d’être la somme, non pas de ses désirs, mais de l’effort et du compromis.

Clément, célibataire, cinquante ans, s’ennuie dans son bureau vitré, lassé de la vue autant que de YouPorn.

Laure envie, quand elle devrait s’en inquiéter, la rage militante de son aînée. Clément n’envie personne, sinon son chien.

De la vie, elle attend la surprise. Lui attend qu’elle finisse. Saisis par la passion et ses menaces, ils tentent de se débarrasser l’un de l’autre en assouvissant le désir… Convaincus qu’il se dompte.


*


Ce livre a fait grand bruit lors de sa sortie et c’est amplement mérité. Il est si radical, si parfait dans la langue qui meut le récit, si puissant, que c’est à se demander comment il sera possible d’écrire autre chose, autrement, après lui.

La prose de Maria Pourchet, nerveuse et acérée a quelque chose d’aussi inouï qu’inimitable. Capable de rendre compte des plus sublimes vérités et des plus obscures bassesses avec une maestria impressionnante. Elle parvient à capturer l’infime, le ridicule, le quotidien, donner à voir l’âme humaine dans tout son trouble et sa folie et faire émerger dans le cœur du lecteur un sentiment proche de la jubilation.


C’est cynique à souhait (au début surtout), infernal (à la fin notamment) et brillant tout du long. Car l’absolutisme de la langue se trouve mis au service d’une histoire dont on ne parvient à se détacher – extrême, totale, irrévocable.

Alors si comme moi vous êtes à la recherche de mots capables de faire trembler les lignes et les cœurs, Feu de Maria Pourchet vous attend les bras ouverts – une lame coincée entre les dents.



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