Greta et Marguerite, Kalindi Ramphul.
- loudebergh
- il y a 11 heures
- 2 min de lecture

J’ai plongé dans ce roman comme on plonge dans un lac aux reflets moirés, un bain de jouvence, une fontaine – ou la mer pour les plus audacieux.
J’ai plongé dans ce roman saisie par une scène inaugurale parfaite, une écriture vivifiante et solaire, une énergie grisante.
J’ai plongé dans ce roman, infiniment reconnaissante que l’été m’offre de telles pépites : légères et sensibles à la fois, chargées de fragrances de vérité, d’humour et d’intelligence.
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Quand Greta et Romuald se rencontrent lors d’un vol Bombay-Paris, l’hôtesse de l’air aviophobe et l’ophtalmo perpétuellement catastrophé chavirent. Seul bémol, Romuald est marié à Marguerite, architecte bretonne au brushing impeccable, et père de Sally, joyeuse enfant qui trouve le monde « moche ». Romuald quitte tout pour Greta, mais à peine leur idylle consommée, une tragédie les frappe… Et une découverte sidérante va réunir l’épouse et l’amante dans une odyssée échevelée au cœur de la forêt finlandaise.
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La façon qu’a Kalindi Ramphul d’explorer les différentes manières d’aimer est irrésistible de drôlerie, d’émotion et de poésie. Mais j’ai vite senti qu’il y avait autre chose derrière ce paravent rutilant. Derrière la « lecture d’été » se cachait en fait la forêt aux sombres contours, les secrets aux relents nauséabonds. J’ai senti, sous cette sublime couverture à l’esthétique parfaite, sous le sable collé à la peau et le sel aux sourcils, que le Mal était tapi. Là, sous mes yeux. Qu’il avait surgi, agi et s’était enfui sans demander son reste, laissant à ses pieds un champ de désolation.
J’ai senti tout cela mais c’était si bien tissé – les fils de lumières s’entrelaçant sans cesse avec ceux faits d’ombre – que j’en suis restée pantoise d’admiration. Le talent de romancière de Kalindi Ramphul est absolument indéniable. Aussi, j’ai tourné les pages de Greta et Marguerite comme on va à la source d’une Vérité, la joie au cœur et l’âme levée vers les cieux. Un grand sourire aux lèvres également, parce que c’est de ce bois que Greta est faite et qu’ainsi, j’avais le sentiment de lui rendre un petit peu hommage.
Roman de l’instant, de l’ici et maintenant, véritable rayon de soleil sur la peau, Greta et Marguerite est un texte profond, d’une infinie fraicheur, qui se révèle un immense bonheur de lecture.




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