top of page
Rechercher

The Correspondent, Virginia Evans.

  • Photo du rédacteur: loudebergh
    loudebergh
  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture

Je croyais ne pas aimer les romans épistolaires, 

trouver le format scolaire, 

le résultat manquant d’ardeur. 

Et puis j’ai lu The Correspondent de Virginia Evans. Et c’est le cœur en émoi et les paupières gonflées que j’en suis ressortie.

Subjuguée. hébétée. Entièrement conquise. 


C’est le roman que le monde littéraire anglophone s’arrache. Celui qui parade en tête de toutes les sélections des grands prix, celui que l’on retrouve dans chacune des publications des lecteurs.ices de l’internet, celui que l’on ne cesse de traduire.

Et cela n’a rien d’étonnant car ce livre est d’une originalité, d’une inventivité et d’une maîtrise exceptionnelle. Il m’a émue, grandie, ébouillantée parfois, attristée souvent. Il a été mon compagnon, mon merveilleux compagnon. Sensible et doux, si différent de tous les autres. 


*


Mère puis grand-mère, femme divorcée, retraitée d’une brillante carrière dans le droit, Sybil Van Antwerp vit seule et n’aspire qu’à une existence paisible, aiguisant chaque jour sa plume pour rédiger des courriers avec un franc-parler capable de désarmer avocats de renom et grands écrivains. Mais tandis que sa vue baisse inexorablement, des lettres anonymes toujours plus menaçantes sont déposées une à une dans sa boîte, la forçant à replonger dans un passé douloureux.

Greffière au chignon strict passant la porte du tribunal ; vieille dame longeant le fleuve avec une canne ; adolescente dévorant Tolkien et C.S. Lewis ; correspondante cherchant le mot juste : lettre après lettre, Virginia Evans compose le portrait d’une femme multiple, dans un premier roman mordant.


*


C’est la construction de ce roman qui m’a d’abord frappée : ces lettres qui vous happent, ces rédacteurs.ices qui se répondent et cette histoire – ces histoires!, devrais-je dire – qui se déploie sous nos yeux, inexorablement. Je me suis trouvée embarquée dès les premières lettres dans ce puzzle humain et existentiel, lové tant dans le quotidien que l’extraordinaire, et j’ai dû me montrer patiente, car là est la vertu de la correspondante, celle qui éloigne les plus grands maux et assure la qualité.


Et puis les thèmes qui traversent le roman! L’écriture comme manière d’être au monde, le repli sur soi, l’attention, la perte et l’absolu chagrin. La maternité avortée, le travail comme seul capable de remettre le monde à l’endroit, et la chaleur et l’amour, et les contours qui se brouillent. 

J’ai aimé cet univers lent et introspectif, comme un antidote salutaire à notre monde où la rapidité et l’efficacité sont devenus la norme, et j’ai trouvé une intelligence folle à ce roman, véritable ode à la vie, une sensibilité insensée à cette réflexion toute en pudeur sur le deuil, la solitude et la possibilité de rédemption. Car oui, les mots, même prononcés tardivement, peuvent réparer. 


Une lecture empreinte de douleur et de magie qui restera longtemps gravée en moi. 


The Correspondent a été traduit aux très belles Editions de la Table Ronde par Leïla Colombier. 



 
 
 

Commentaires


Join my mailing list

  • Instagram

© 2023 by The Book Lover. Proudly created with Wix.com

Louise DE BERGH, Chardonne. 

loudebergh@gmail.com

bottom of page