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  • Photo du rédacteurloudebergh

Mademoiselle Papillon, Alia Cardyn.


« Je voulais raconter une histoire sur le pouvoir du don de soi. On oublie que lorsque l’on prend soin d’un autre être humain, on prend soin de ceux qui croiseront sa route. L’amour suscite l’amour. Cela donne un pouvoir personnel infini. »


Voilà les mots que l’on peut lire à la page 269 du magnifique roman d’Alia Cardyn. Des mots brûlants, dévorants, des mots d’une affolante justesse.

Des mots aptes à faire déborder tout cœur normalement constitué après des heures de lecture, le souffle court, l’âme grande ouverte.

Des mots puissants, capables de renverser la table, la vie, nos vies.


*


Gabrielle, 30 ans, s’occupe de grands prématurés dans un service de néonatologie intensive. Impuissante face à la souffrance de ses patients, l’infirmière glisse lentement dans l’indifférence, lorsqu’elle découvre l’histoire de Thérèse Papillon, reconnue Juste parmi les nations.

En 1920, dans une France ravagée par la guerre, Mlle Papillon est envoyée par la Croix-Rouge dans un dispensaire à Vraignes-en-Vermandois. Alors qu’elle tente d’accomplir sa mission, la vision des enfants qui succombent dans la rue l’obsède. Une ambition se forme et prend bientôt toute la place : elle doit bâtir une maison pour les protéger.

Lorsqu’elle franchit le seuil de la sublime abbaye de Valloires, Mlle Papillon est convaincue d’approcher son rêve.


*


Mademoiselle Papillon est un roman d’une bouleversante simplicité et d’une réelle grandeur, faisant s’entremêler les récits de deux femmes, l’un fictif, l’autre non, qui ont décidé de consacrer leur vie aux autres. Si Thérèse Papillon a réellement changé la vie de milliers d’enfants et de leur famille entre les années 1920 et 1980, c’est au prisme du personnage de Gabrielle (relevant lui entièrement de la fiction) que son combat prend toute son ampleur.


J’avais entendu parler de ce court roman dans l’excellent podcast La Page Blanche d’Émilie Deselienne. Aussi frappée que séduite par la joie qui se dégageait des mots d’Alia Cardyn interviewée ce jour-là, son énergie communicative, sa passion et sa simplicité, j’avais senti qu’un moment ou un autre, son roman se retrouverait entre mes mains.

Dans mes recherches de textes (essais, romans ou témoignages) traitant du métier de sage-femme, Mademoiselle Papillon revenait sans cesse. Et même s’il n’est, à proprement parler, pas un texte abordant cette exceptionnelle profession, c’est avec une véritable joie que je l’ai fait mien.


Mademoiselle Papillon se dévore en quelques heures.

Les mots qui en couvrent les pages ne s’embarrassent pas d’effets de style. Ils ne cherchent pas à faire de la littérature. Ils se contentent d’être là, au service de deux témoignages affolants de grâce.

Ils émeuvent, enseignent et font grandir.

Ils ouvrent l’âme, le cœur et la raison.

Ils résonnent en nous où il le faut.

Ils ont l’élégance de la justesse, drapée dans un manteau de sobriété.


Mademoiselle Papillon nous donne le courage et l’envie d’aller au-delà de nous-même, de croire en ce que nous sommes capables de faire, en la vie, en les autres. Ce n’est pas un feel-good book simpliste et hors du temps. C’est un hommage à tout ce que la terre porte de beau, de bon et de bienveillant, une ode à la sensibilité, à l’écoute et aux bons sentiments.



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