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Orgueil et préjugés, Jane Austen.

  • Photo du rédacteur: loudebergh
    loudebergh
  • il y a 21 heures
  • 2 min de lecture

C’est prise d’une dévorante passion que j’ai tourné les pages d’Orgueil et préjugés de Jane Austen. Bien décidée à redécouvrir les six romans de la plus exceptionnelle des autrices anglaises (selon Virginia Woolf, et ce auquel je plussoie), c’est tout naturellement par celui-ci que j’ai entamé ma chasse au trésor. Et grand bien m’en a pris! 


Mon dieu comme mes mots me semblent pauvres pour dire toute l’admiration que j’ai pour ce texte – loin du roman sentimental et de la bluette romantique que les adaptations cinématographiques en ont fait.

C’est bien simple, Orgueil et préjugés m’a su-bju-guée. Je l’ai lu d’une traite ou presque, comme on lit un page-turner, l’admiration logée au coin de l’œil et le plaisir rivé au cœur. 


*


« C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire jouissant d’une jolie fortune doit désirer prendre épouse. »

C’est là l’opinion de Mrs. Bennet : mère de cinq filles célibataires, elle est déterminée à trouver un mari fortuné à chacune. La jeune Elizabeth est la plus farouchement opposée à ces plans, elle qui voulait se marier par amour et non par intérêt. Et ce n’est pas le riche Mr. Darcy qui risque de l’infléchir – sa fortune et son charme ne compenseront jamais son arrogance aux yeux de la jeune fille. Mais les premières impressions peuvent être trompeuses…et pour connaître l’amour, il faut parfois savoir mettre de côté son orgueil et dépasser ses préjugés. 


*


Jane Austen, c’est la maîtrise faite autrice. La finesse dans son plus simple appareil. L’intelligence et la grâce dans toutes leurs acceptions. Orgueil et préjugés n’en est d’ailleurs que le plus brillant exemple. Et cette ironie! Cette rage, ce mordant! Cette façon subtile de draper ses personnages dans les plus beaux atours pour les clouer au pilori juste après. 


Loin des romances pour jeunes filles de bonnes familles, les romans de Jane Austen sont d’impressionnantes machines, toutes de raison et de sentiments – dans le plus noble sens du terme. Les sens y sont décortiqués, les émotions dépliées, analysées, réfléchies. Rien n’est laissé au hasard. J’ai été frappée par la profondeur psychologique des personnages peuplant ce roman, leur épaisseur et leur façon de dire le monde et faire société. 


Jane Austen comparait son écriture à un minutieux travail sur un morceau d’ivoire large de deux pouces « avec un pinceau si fin que même beaucoup d’effort fait peu d’effet ». Et si je ne peux qu’acquiescer à cette précision extrême dont elle faisait preuve dans son regard sur cette gentry de la fin du XVIIIème siècle, je m’oppose en long en large et en travers sur le « peu d’effet » évoqué. Croyez-moi, je n’aurais pas été captivée de la sorte par quelques 500 pages de plus de deux cents ans si cela avait été le cas. 


Au tournant du siècle, écrivant sur ce qu’elle connaissait sur le bout des ongles, Jane Austen est aujourd’hui une figure que la culture populaire a porté aux nues. Et si cela n’est pas un mal en soi – loin de là –, veillons à toujours revenir aux textes avant de n’aimer qu’une image tirée d’une adaptation fatiguée. Orgueil et préjugés est une merveille du genre à côté de laquelle il ne faut pas passer. 




 
 
 

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Louise DE BERGH, Chardonne. 

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