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  • loudebergh

Saga Blackwater, Michael McDowell.



C’est la saga dont tout le monde parle, la série que l’on s’arrache, vendue à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires,

c’est l’addiction du moment, les six bouquins que l’on se refile sous le manteau – t’en es où ? Au quatre ? Je viens de finir le cinq, je te le passe – ceux que l’on dévore en quelques jours,

bref, c’est le phénomène littéraire du moment.


Pourtant, j’avoue ne pas avoir compris l’engouement général pour ces six romans. Les objets qu’ils constituaient, marquetés de dorures, sublimement imprimés, me plaisaient, le synopsis tout autant, et c’est pleine de bonne volonté que j’ai commencé ma lecture.

Voyez plutôt le résumé du premier tome :


*


Printemps 1919. Alors que les flots sombres et menaçants de la rivière submergent Perdido, une petite ville du sud de l’Alabama, les Caskey, une riche famille de propriétaires, doivent faire face aux innombrables dégâts provoqués par la crue.

Mené par Mary-Love, la puissante matriarche, et par Oscar, son fils dévoué, le clan s’apprête à se relever. Mais c’est compter sans l’apparition aussi soudaine que mystérieuse, d’Elinor Dammert, jeune femme séduisante au passé trouble, dont le seul dessein semble être de s’immiscer au cœur de la famille Caskey.


*


L’histoire avait tout pour me plaire. Et je dois avouer y avoir franchement plongé tête la première. Parfois, je trouvais l’intrigue un peu longue à se mettre en place, mais je persévérais, certaine que les pavés finiraient par s’imbriquer. Le deuxième volume m’a apporté plus de satisfaction et c’est avec une réelle joie que j’ai entamé le troisième…

…avant de réaliser que le sortilège avait été brisé.

Je commençais à m’ennuyer. Le lus le troisième volume en une journée, persuadée qu’ainsi la machine se relancerait, mais je n’ai été, par la suite, que de déception en déception.


Je commençais à prendre conscience de ce qu’était réellement cette saga :

un long page-turner un peu vide – bien ficelé à certains moments mais désespérément creux.

Je trouvais les personnages terriblement plats et sans saveur, désincarnés, sans aucune épaisseur psychologique – à peine des machines au service d’un scénario – et les schémas qui se répétaient d’une génération sur l’autre m’horripilaient au plus haut point. L’histoire patinait, les péripéties comme d’infinies ritournelles s’enchainaient tristement (sans qu'aucun personnage ne semble rien n’en penser ni n’en faire quoi que ce soit), j’avais le sentiment de n’en plus voir le bout.


J’ai lu les deux derniers tomes dans l’espoir de voir le voile se lever à la fin, mais là encore j’ai été déçue. Chaque personnage et chaque acte posé était plus creux que le précédent. L’atmosphère générale avait perdu de son mystère, les incohérences se suivaient les unes après les autres, tout sonnait faux.


Et même si je trouve absolument ridicule de se montrer systématiquement négatif envers les phénomènes littéraires, il est parfois de bon ton de regarder les choses avec un peu de distance et de garder une once d’esprit critique pour ne pas sombrer dans l’émerveillement vain.


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