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  • loudebergh

Sorcières, La puissance invaincue des femmes, Mona Chollet.


Comme dit le dicton, mieux vaut tard que jamais !


Je suis très certainement la dernière des féministes de ma génération (et de toutes les autres d’ailleurs) à avoir lu Sorcières de Mona Chollet,

ce brillant essai historico-politico-sociologique qui s’est proposé de revenir sur la figure de celles qui étaient et sont encore à la fois les victimes absolues et les rebelles les plus obstinées.


*


Qui étaient au juste les femmes qui, dans l’Europe de la Renaissance, étaient accusées de sorcellerie ?


Mona Chollet en explore trois archétypes et examine ce qu’il en reste aujourd’hui, dans nos préjugés et nos représentations :

1. La femme indépendante.

2. La femme sans enfant.

3. La vieille femme.

Elle nous offre également une vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir et du rapport guerrier qui s’est développé à l’égard des femmes.

Et c'est en réalité toute l'histoire de la misogynie qu'elle dévoile.


*


Le désir d’ouvrir cet ouvrage qui me faisait de l’œil depuis des mois est venu de l’écoute passionnée d’un podcast aussi lumineux qu’ahurissant d’intelligence et d’à propos:

Le Cœur sur la table de Victoire Tuaillon.

Une série de neuf épisodes (pour l’instant) aussi renversante que nécessaire destinée à interroger notre regard sur l’Amour aujourd’hui, tant sur un plan affectif que sociologique et politique.

Je glisse le lien ici-bas et vous le recommande plus que chaleureusement :

https://www.binge.audio/podcast/le-coeur-sur-la-table


Mon esprit s’était trouvé tellement bouleversé/transporté/galvanisé par ce programme radiophonique qu’il m’en fallait plus.

Plus d’écrits féministes. Plus de Littérature faite par des femmes. Plus de réflexions, plus d’informations, plus de références…

De quoi nourrir la bête qui avait germé dans mon cerveau voilà plusieurs années et avait soudainement grossi à l’écoute du Cœur sur la Table.

Jusqu’à devenir gigantesque.

Pour ma plus grande joie.


Et comme Sorcières, la puissance invaincue des femmes trônait sur une des étagères de ma bibliothèque depuis des mois, j’avais de quoi me sustenter quelques jours avant de me ruer vers d’autres textes. Avide.

Bien m’en a pris ! Cet essai est admirable. Superbement documenté, riche d’une radicalité grandiose, d’un regard vif et poétique sur l’époque et la société, d’un engagement politique intelligent et de raisonnements subtiles.

De quoi combler un désir de connaissances qui s’était trouvé subitement grandi.


*


Pourquoi est-il si difficile pour les femmes et pour la société toute entière, d’accepter ou même d’envisager le non-désir d’enfant ?

Pourquoi les femmes sont-elles avant tout considérées comme des objets destinés à satisfaire le regard de la gente masculine?

Pourquoi manifestent-elles, au cours de leurs années universitaires, une tendance systématique à l’autodénigrement tandis que les hommes voient, pendant la même période, leur estime de soi renforcée?

Pourquoi ne cessent-elles de juger leurs besoins (qu’ils soient vitaux ou non) moins importants que ceux des hommes ?

Pourquoi consacrent-elles, en moyenne par semaine, 3h30 de moins que les hommes aux activités qui leurs sont chères ?

Pourquoi entend-on si souvent que les femmes vieillissent moins bien que les hommes?

Pourquoi portent-elles presque systématiquement la charge mentale et émotionnelle du foyer ?

Pourquoi leur socialisation, dès le plus jeune âge, les engage-t-elle à s’occuper des autres (de leur bien-être, de leur ressenti, de leurs émotions) avant de penser à elles?

Pourquoi une écrasante majorité de femmes se teignent-elles les cheveux passé un certain âge alors que les hommes ne sont que 2% à faire usage de tels artifices?

Pourquoi les violences à leur encontre (quelqu’en soit la forme prise) sont-elles aujourd’hui, monnaie courante ?

Pourquoi leur niveau de rémunération est-il toujours plus faible que celui des hommes et leurs qualifications systématiquement disqualifiées par le Système?

Pourquoi sont-elles trop souvent considérées comme des folles ou des affabulatrice lorsqu’il s’agit de faire montre d’émotions ?

Pourquoi le patriarcat, somme toute, aussi ridicule, mauvais et abêtissant soit-il, domine-t-il encore notre mode de pensée et d’action?


Autant de questions (en vrac) auxquelles se propose de répondre, en 200 pages éblouissantes, Sorcières de Mona Chollet.


Alors en piste ! D’abord, on écoute Le Coeur sur la Table de Victoire Tuaillon,

on dévore ensuite Sorcières de Mona Chollet,

et on change radicalement notre regard, notre esprit, et les actes que l’on pose.

Ici et maintenant !

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