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  • loudebergh

Journal 1944-1945, Anita Pittoni.

Mis à jour : févr. 3


Impossible pour moi de faire une critique réellement constructive du Journal 1944-1945 d’Anita Pittoni tant ce livre, aussi magnifique soit-il (que les Editions La Baconnière s’en félicitent), n'a cessé de me tomber des mains. A peine ai-je réussi à dépasser la moitié de l’ouvrage, et je dois reconnaître n’y avoir pris aucun plaisir.


J’étais pourtant réellement heureuse de l'entamer.

Je me trouvais ravie de faire la connaissance d’Anita Pittoni (Trieste, 1901-1982), créatrice de mode audacieuse, éditrice profondément libre et poétesse courageuse dans les années 30-40,

et le résumé qu’en faisait la maison d’édition avait de quoi me plaire.

Anita Pittoni est une personnalité fascinante du monde artistique et littéraire triestin du XXème siècle. Tenu entre le 18 octobre 1944 et le 5 août 1945, ce Journal a pour toile de fond la fin de la guerre à Trieste et l’occupation yougoslave, les bombardements et les retraits précipités dans les abris. Mais son objectif est tout autre, il est tendu vers la création, la liberté d’être et d’écrire.

Explorant l’intime à l’instar du Journal de Katherine Mansfield qui l’a beaucoup inspirée, il tient tout entier dans l’examen de la persévérance d’une vie intérieure riche et de la disponibilité de temps et d’esprit pour réfléchir. Sa liberté de jugement étonne et son don pour l’introspection séduit.

Ce Journal explore aussi son rapport à la sensualité, aux corps, aux lignées de femmes de sa famille et surtout expose ses sentiments amoureux pleins de craintes et de fulgurances.

On y croise l’entourage d’Anita Pittoni, les intellectuels de Trieste, son compagnon Giani Stuparich, le poète Umberto Saba qu’elle publie…

Si elle s’attarde longuement sur les relations humaines et les angoisses qu’elles génèrent, elle décrit aussi minutieusement le réseau de créateurs essentiel dans ces heures dures et sur lequel elle s’appuie pour avancer.

Alors sans doute suis-je passée à côté comme on dit, car pas une seule fois les mots d'Anita Pittoni ne m’ont émue, pas une seule fois n’ai-je été transportée par la force de ses pensées.

J’ai trouvé son écriture d’abord difficile d’accès puis franchement plate une fois mise en bouche, ses réflexions sans grand intérêt - même sur des sujets aussi passionnants que l’acte de création, et ses apartés interminables.

L’éditeur parlait de la guerre à Trieste et de bombardements incessants en toile de fond, mais le mot m'a paru faible, je dois avouer.

Et c’est finalement un profond ennui qui m’a envahie à la lecture des deux premiers tiers de ce livre.


J’ai bien conscience de la dureté de mon jugement - de cela je m’excuse auprès des Editions La Baconnière car laisser tomber un livre avant d’en connaître la fin ne m’arrive que très rarement -, mais je serais ravie d’être la seule et unique à partager ce point de vue.

Le Journal 1944-1945 d’Anita Pittoni a certainement des mérites que je n’aurais su voir.

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