La pianiste, Isabelle Amonou.

Il est des romans entre les bras desquels on serait bien resté.e.s.
Quelques heures de plus, ou toute la vie, qui sait.
Parce qu’ils sont tendres malgré l’immense colère dont ils témoignent,
– ils le savent bien que derrière la rage, toujours, la tristesse se tapit.
Ils sont couverts d’un voile de simplicité, ne cherchent pas l’effet, la grandeur, l’originalité.
Ils œuvrent pour le vrai et quand ils le touchent du doigt, le résultat n’en est que plus renversant.
La Pianiste d’Isabelle Amonou est de ceux-là. Et en la matière, c’est une merveille.
*
Jeanne, concertiste à succès, voit sa vie bouleversée après un terrible accident. Amputée du bras droit, elle ne peut plus jouer. Perdue, furieuse, elle décide de partir se réfugier sur la côte bretonne, dans la maison de son enfance qu’elle a délaissée depuis la mort de son père.
Dans cet endroit battu par les vents et la mer, où se nichent les secrets de famille qu’elle devra affronter, Jeanne, pétrie de musique et de doutes, va tenter d’élucider le mystère d’une mère disparue trop tôt, d’un père trop taiseux, et de sa passion absurde pour le piano.
Les paysages saisissants, la chaleur des rencontres, et sa volonté hors du commun la mèneront à des découvertes insoupçonnées.
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J’ai aimé cette femme que la rage consumait, corps et âme. Cette colère envers et contre tout, cette envie de tout détruire.
J’ai aimé cette maison en Bretagne, comme un refuge dans un monde qui s’effondre.
Cette minuscule communauté, là, pour l'aimer et la soutenir.
Et ces bruits, ces vagues, ces bruissements. Le souffle du vent, la brise sur le sable, le déchainement des éléments – seuls capables de rédiger les partition qu’elle ne lit plus autrement que dans son esprit.
Et puis la mer pour accueillir ce corps amputé, cette nage inefficace dans les premiers temps – tourne en rond – puis le retour à la vie.
Oui, le retour à la vie. Les romans en sont plein par les temps qui courent. Le terme est galvaudé, la littérature en fourmille. Mais quand c’est bien fait, on ne peut qu’applaudir. Et si j’ai parfois craint le caractère un peu trop scolaire de celui-ci, les facilités de narration, toujours l’autrice m’a rattrapée au vol, glissant sous mon nez une phrase, une idée, un mot que la finesse caressait.
J’ai trouvé cela doux, j’ai trouvé cela tendre.
J’en avais grand besoin.
La pianiste est un roman aussi mélodieux que bouleversant où la musique et la mer servent de guide à une femme en quête de sens.




la résilience est un mot a la mode trop galvaudé comme vous dites car beaucoup le prononce mais peu le font réellement