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  • Photo du rédacteurloudebergh

La Sage-femme des Appalaches, Patricia Harman.


La Sage-femme des Appalaches de Patricia Harman est un roman émouvant et enivrant. Et s’il m’a semblé un brin désincarné dans sa première moitié, c’est en continuant à en tourner les pages que j’ai perçu sa grandeur et sa sensibilité.


C’est très naïvement, sans plus d’attentes que cela, que je l’ai fait mien, il y a quelques jours : il y était question du métier de sage-femme (profession qui m’intrigue et me passionne) dans les États-Unis du début du XXème siècle, et il s’agissait d’un premier roman, écrit par une sage-femme expérimentée devenue enseignante en obstétrique en Virginie.

Il ne m’en fallait pas plus pour y plonger. Je savais que je pourrai y glaner quelques précieuses informations. (Autant vous dire que je ne voyais pas ce roman comme un objet littéraire à part entière mais bien comme un support à mon désir de connaissances).


*


1929, dans le milieu hostile des Appalaches.

Pendant la Grande Dépression, Patience Murphy exerce avec talent son métier de sage-femme et assume la tâche parfois difficile d’assister les femmes lors de leur accouchement. Elle est prête à tout pour instaurer un climat de confiance avec ses patientes, mais elle doit également s’affranchir de son lourd passé.

Confrontée à des difficultés quasi insurmontables, des périlleuses mines de la Virginie aux terrifiantes menaces du Ku Klux Klan, elle devra lutter pour apporter la vie et un peu d’espoir dans un univers pétri d’épreuves.


*


Un résumé des plus convenus, je suis d’accord. Assez mal-fichu aussi, un peu mièvre, un rien vieillotqui ne rend pas franchement hommage au texte qu’il présente, il faut l’avouer. On pense avoir affaire à un récit un peu fleur bleu et faussement tragique.

Croyez-moi, il n’en est rien.


J’ai d’abord été extrêmement intéressée pas son contenu, tant sur le plan scientifique qu’historique. J’ai trouvé le contexte social et politique intelligemment mis en valeur, couvrant le roman d’un voile de véracité des plus agréables. La réalité du métier de sage-femme, dans les conditions qu’elles étaient à l’époque, est rendue avec finesse et naturalisme, sans misérabilisme aucun.

J’ai, à ce sujet, appris beaucoup.


S’il m’a fallu un peu de temps pour m’attacher à ses personnages – je trouvais le récit morcelé, trop construit autour d’une accumulation d’expériences et d’évènements distincts les uns des autres – je me suis surprise à avoir de la peine à refermer le livre une fois la deuxième moitié entamée.

Patience et Bitsy, les deux héroïnes – indépendantes, intelligentes et solides – m’ont énormément touchée. Leur courage et leur trempe m’ont plu : elles n’avaient rien des jeunes premières encore effleurées par l’enfance que l’on trouve souvent dans les romans pseudo-historiques.

« Les sages-femmes ne sont pas douces dit la première à la fin du roman, ce sont des guerrières ».

David Hester, le vétérinaire, a fait résonner en moi une corde joliment sensible. Voilà un beau personnage masculin, loin des poncifs et des clichés, ai-je pensé.


La langue de Patricia Harman enfin, sobre et sans chichi sert parfaitement le propos. Sans originalité particulière, elle n’est nullement à voir comme un faire-valoir, se contentant de faire exister une histoire riche et passionnante. Je ne suis, en revanche, pas certaine que la traduction, elle, soit d’une qualité exceptionnelle.


Et si La Sage-femme des Appalaches n’a pas fait battre mon cœur comme certains livres ont l’art de le faire, il a eu le mérite de m’apprendre beaucoup, de m’émouvoir et de me conforter dans l’idée que le métier de sage-femme est bien plus qu’une profession : c’est un phare, une lumière et un sacerdoce.

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