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  • loudebergh

Liv Maria, Julia Kerninon.


Un parfum peut-il être éblouissant ?

Si oui, il a certainement laissé tomber quelques notes de lumières entre les pages de ce roman.

Quelques gouttes d’une fragrance inconnue et délicieuse,

Perles précieuses aux effluves nacrées.

Son nom est Liv Maria Christensen.

Elle fut l’enfant solitaire, la jeune fille fiévreuse, l’amoureuse du professeur d’été, l’orpheline et l’héritière, l’aventurière aux poignets d’or.

Maintenant la voici mère et madone, installée dans une vie d’épouse.

Mais comment se tenir là, avec le souvenir de toutes ces vies d’avant ?

Faut-il mentir pour rester libre ?

Lorsqu’un livre s’installe dans votre vie, il le fait sans crier gare, sans s’annoncer. Il s’y immisce par ce que vous croyez être le plus parfait des hasards et prend ses quartiers dans votre cœur, tout doucement.

Vous le laissez faire, car vous le comprenez,

vous le sentez,

il connaît le chemin.

Vous vous laissez même surprendre, vous mimez l’étonnement, jurez par tous les dieux que c’est un coup du sort, une jolie coïncidence, un imprévu dans le grand jeu du destin, mais en réalité vous le savez, il s’agit de bien plus que ça.

« Son père, un homme ineffablement doux, rigoureux au travail, incapable d’ordre dans son foyer, éparpillant partout dans la maison les petites sculptures d’animaux qu’il taillait au couteau dans du bois flotté, les laissant traîner comme le ferait un enfant, et sa mère ramassant silencieusement les élans, les marmottes et les ours dans les poches de son tablier. »

Liv Maria était posé sur le tourniquet des nouveautés à la bibliothèque, je n’en avais jamais entendu parler, mais j’ai su que cette lecture m’emmènerait là où elle le devait.

Peut-être parce que ma vie s’apprêtait à changer du tout au tout,

que rien ne serait jamais plus pareil,

et peut-être aussi pour me rappeler qu'au contraire, l’essentiel devait demeurer.

Quoiqu’il en soit, comme l’ange Clarence dans La Vie est belle de Frank Capra, Liv Maria de Julia Kerninon s’est jeté à l’eau et a atteint son but:

D’une plume aussi subtile qu’acérée, au fil de mots délicats et troublants, il m’a donné à lire et à penser un éblouissant portrait de femme, marquée à vif par un secret inavouable.

Il s’est infiltré dans mon quotidien avec la justesse de l’être désiré,

a fait résonner en mon âme une série de cordes sensibles qui je crois, ont quelque chose à voir avec l’intime.

Il a ouvert plus de portes que la Terre ne saurait en compter,

Et a allumé en moi des dizaines de lumières qui, je l’espère,

ne s’éteindront jamais.

« Liv Maria pouvait parfaitement imaginer Thure à vingt-deux ans, innocent, assis sur le tabouret de bois en attendant son café, voyant apparaître soudain devant lui Mado, hâlée, avec ses yeux perçants et ses cheveux bruns, figée dans la dernière seconde où il la contemple avant de l’aimer. Comme dans un tableau, son père avait vu sa mère ce jour-là entourée de ses attributs – la porcelaine du petit commerce et les balles destinées à la lande sauvage, la domesticité et la guerre, Pallas Athéna avec sa chouette et son bouclier. Et peut-être qu’il avait su confusément ce qui l’attendait avec cette femme – un foyer tumultueux, un bonheur féroce et une fin tragique, mais jamais l’ennui. »

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Louise DE BERGH, Saint Saphorin. 

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