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  • Photo du rédacteurloudebergh

Prends ma main, Dolen Perkins-Valdez.


Les stérilisations forcées des jeunes filles noires aux Etats-Unis entre les années 1910 et 1980 : un sujet dont je n’avais jamais entendu parler. 

Et pour cause, il reste le tabou ultime d’une société raciste, eugéniste et misogyne. Le parangon de ce que l’Humanité peut faire en matière d’atrocité. 


C’est de ce sujet que s’est emparée Dolen Perkins-Valdez, bouleversée par les images des sœurs Relf, stérilisées sans leur consentement en 1973 en Alabama. 

Et c’est de cette histoire, et après d’immenses recherches sur ce qui est devenu l’un des scandales les plus dramatiques que comptent les Etats-Unis, que l’autrice s’est inspirée pour édifier son premier roman traduit en français, Prends ma main. 


*


1973, Alabama. Civil Townsend est une jeune infirmière afro-américaine, fraîchement diplômée et embauchée dans un planning familial à Montgomery. Convaincue de l’utilité de son travail, elle est toute dévouée à ses patientes et assure les suivis de grossesse, mais aussi les prescriptions de contraceptifs aux jeunes filles à sa charge. 

Lorsqu’elle rencontre Erica et India Williams, treize et onze ans, la vie de Civil va radicalement changer. Car, très vite, elle s’interroge: pourquoi doit-elle leur imposer une contraception alors qu’elles sont si jeunes? Est-ce que la famille a donné son accord? Prise de doutes, Civil commence à enquêter sur les pratiques en place dans le milieu médical de son époque. Au risque de perdre son emploi, elle mettra tout en œuvre pour dévoiler une des politiques les plus innommables des Etats-Unis. 


*


Si j’ai été bouleversée par la réalité ignoble que furent ces stérilisations forcées de très jeunes filles pauvres, noires, jugées inaptes, avant même leurs dix ans, à porter la vie, j’avoue émettre quelques réserves quant au roman qui la porte.

Je suis évidemment reconnaissante à Dolen Perkins-Valdez d’avoir mis ce sujet sur la table, de l’avoir fait connaître avec tant de soin, de précision et de minutie. Mais malgré ces qualités, je suis restée tout à fait étrangère à la narration. J’ai trouvé le texte trop littéral, trop descriptif en un sens, scolaire et assez peu « littéraire ». Et je me suis beaucoup ennuyée. Et ne parvenant pas à m’attacher à Civil, que je trouvais fausse et toujours « à côté », j’ai vécu chaque avancée dans le récit comme une étape de plus, laborieuse et lasse, jusqu’à la fin.

Si bien que j’avoue n’avoir pas lu les nonante dernières pages. 


Une déception littéraire, donc, pour ma part, donnant néanmoins corps à un sujet aussi glaçant qu'édifiant.



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