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The Dutch house, Ann Patchett.

  • Photo du rédacteur: loudebergh
    loudebergh
  • il y a 2 heures
  • 3 min de lecture

Quel roman exceptionnel! Féérique, grandiose, fascinant. De ces livres qui vous font de l’œil à la seconde où ils ont croisé votre regard : une intrigue comme on les aime, une couverture sensationnelle et une autrice que l’on dit parmi les plus grandes. Le tour est joué, il ne vous reste plus qu’à ouvrir le petit morceau d’éternité et de vous enfoncer entre ses pages. 

 

*

Danny Conroy grandit dans une somptueuse demeure en banlieue de Philadelphie. Malgré un père distant et une mère partie sans laisser d’adresse, il peut compter sur l’affection de sa sœur adorée, Maeve, l’intelligence et la drôlerie incarnées. Unis par un amour indéfectible, ils vivent sous l’œil attentif des “Hollandais”, les premiers propriétaires de la maison, figés dans les cadres de leurs portraits à l’huile.

Jusqu’au jour où leur père leur présente Andrea, une femme plus intéressée par le faste de la bâtisse que par l’homme qui la possède. Ils ne le savent pas encore, mais pour Maeve et Danny, c’est le début de la fin. Et une fois adultes, ils n’auront de cesse de revenir devant la Maison des Hollandais se heurter aux vitres d’un passé douloureux.

À travers le destin de ces deux quasi-orphelins, Ann Patchett tisse un roman subtil et pénétrant sur les liens filiaux et les lieux de l’enfance – qui tous nous hantent.


*


Ann Patchett a sans conteste le tour de main des plus grandes conteuses et le talent des rêveuses les plus tenaces. Avec The Dutch house, elle nous donne à lire LE roman gothique par excellence, tissé de contes de fée. Prenez l’absence mystérieuse de la mère, la marâtre calculatrice, les demi-sœurs prises entre deux feux, le père hautain et imprévisible, prenez les enfants chassés du Paradis, Hansel et Gretel modernes lâchés dans le monde glacé et inhospitalier. Mélangez le tout, glissez-le sous la plume d’Ann Patchett et admirez le travail. 


Dès les premières lignes je me suis retrouvée plongée dans l’univers fascinant d’une maison pas comme les autres, une maison cossue, pleine de portraits d’ancêtres au regard réprobateur, de tapis épais et d’escaliers immenses. Une maison incarnation de l’hubris humaine, du goût pour la démesure, pleine des histoires des autres, de leurs désirs insatiables, sources des plus grandes folies. Une maison arrivée dans les vie des personnages comme un miracle, mais ayant vite pris les allures d’une malédiction.


J’ai été très sensible à la qualité de l’atmosphère du roman. J’ai encore la tête pleine des images qui la constitue entièrement : cette maison, on la voit, on la sent, on l’entend grincer, crisser, faire souffrir, on l’imagine – sublime et monstrueuse. Cette maison n’est pas juste un décor. Elle existe en tant qu’être, elle vit, respire

Et comme dans son Eté à soi (que j’avais découvert complètement par hasard sur la pile des service-presse reçus à la librairie), j’ai été touchée par la capacité d’Ann Patchett à donner à lire les liens qui résident entre les gens. On sent pleinement tout l’amour et toute la haine qui les construisent, l’ambivalence aussi, le doute. 

Je suis également toujours frappée par sa façon de dessiner des relations saines et douces, des relations qui portent – loin de celles qui amoindrissent dont la Littérature raffole. J’ai passionnément aimé le lien entre ce frère et cette sœur, deux êtres devenus, par la force des choses tout, l’un pour l’autre. Une grande sœur obligée de grandir trop vite, un petit frère aux rêves bien différents de la route choisie pour lui, et une façon de vivre, toujours un peu à côté de la vie, en observation depuis cette grande fenêtre-balcon fermée par un épais rideau. 


The Dutch house est un roman éminemment visuel. Je suis encore imprégnée de cette magnifique scène finale faisant intervenir Danny et sa fille dans le jardin de la maison source de tant de maux. Une scène toute en douceur, toute en subtilité, mais une scène qui en dit tellement :  la boucle qui se boucle, le deuil en train de se faire, la vie qui continue, envers et contre tout. 


Bref, vous l’avez compris, The Dutch house est un excellent roman dont on peine à sortir tout à fait. Fin, intelligent, tout en images merveilleuses, plein des tragédies dont l’Humanité est faite. 


Ce roman est traduit sous le titre La Maison des Hollandais aux Editions Actes Sud. 



 
 
 

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Louise DE BERGH, Chardonne. 

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