The Wedding People, Alison Espach.
- loudebergh
- il y a 6 heures
- 3 min de lecture

Je crois sincèrement que c’est pour des livres comme The wedding People d’Alison Espach que ma vie de lectrice est faite : des livres qui ne paient pas de mine de prime abord, considérés comme « faciles » – estivaux au mieux, feel-good au pire – mais qui vous retournent comme une crêpe. Entre les pages de The Wedding People je me suis retrouvée ferrée. Entre ses mots coincée. Et c’est tout mon monde qui a vacillé : mon cœur et mes sens se sont élargis, et ce que je croyais juste s’est évaporé.
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« L’hôtel est exactement comme l’espérait Phoebe. Dressé au bord de la falaise, il semble l’attendre patiemment. Elle ne voit pas l’océan derrière l’édifice, mais elle sait qu’il est là, de la même façon qu’elle sentait la présence de son mari, en train de taper son livre dans son bureau, chaque fois qu’elle se garait devant la maison.»
Cet hôtel, le Cornwall Inn, Phoebe en a rêvé avec son mari. Mais elle est seule quand elle descend du taxi, sans bagages, dans la magnifique robe de soie vert émeraude qu’elle n’a jamais osé porter. Si elle a vécu sans éclat, elle mourra avec panache. Tout est prévu, de la promenade sur la plage au coucher du soleil au plateau de fruits de mer, en passant par la crème brûlée et la boîte de comprimés… Tout, sauf un détail : l’hôtel est entièrement réservé pour un mariage grandiose, une semaine de festivités. Et la mariée ne laissera personne gâcher son grand jour.
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Je n’ai pas simplement été touchée par ce roman, j’ai été bouleversée. The Wedding People a réellement été mon compagnon, ces derniers jours, celui que je me réjouissais de retrouver lorsque quelques minutes se présentaient, celui qui me rappelait si bien mes doutes et mes travers, celui dont les personnages (plusieurs d’entre eux) me ressemblaient tant. Avec eux j’ai traversé la difficulté d’être soi, celle de vivre coupé de ses émotions, dans le but unique de satisfaire les autres. J’ai goûté la saveur des décisions prises pour les mauvaises raisons, les peines, la tristesse absolue, l’envie de mourir. Et celle de vivre, plus forte que tout, de continuer jour après jour à mettre un pied devant l’autre pour enfin espérer pouvoir entrer dans la vie la vraie.
J’ai été impressionnée par la force narrative de ce roman, l’efficacité de ce récit. C’est bien simple, il a constitué un bonheur absolu de lecture, porteur de vérités comme des montagnes, monumentales et grandioses. S’il était possible de tomber amoureuse d’un roman, c’est ce que je dirais à propos de The Wedding People : il est si drôle, voyez-vous, si sensible, fin, intelligent.
Me voilà un peu orpheline maintenant que je l’ai terminé. Mais j’ai été infiniment heureuse de faire partie de cette aventure et je crois que je ne vais arrêter d’en parler autour de moi – cela tombe bien, je suis libraire –, oui, je ne m’arrêterai pas avant de vous l’avoir, toutes et tous, mis entre les mains.
En signant un roman sensible et fascinant à l’humour piquant qui nous plonge dans la psyché d’une femme sur le fil du rasoir, Alison Espach nous donne à lire un texte saisissant. Et c’est avec une immense gratitude – teintée de la peine de l’avoir fini – que je le referme à l’instant. Pleine du désir de le voir laisser sa trace sur ma vie. Imprimer sa marque. Apposer sa patte sur mon paysage imaginaire et sensoriel.
– Pour celles et ceux qui ne lisent pas en anglais, il existe une traduction française sous le titre L’invitée surprise. –





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