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  • loudebergh

Un paradis trompeur, Henning Mankell.


Autant avais-je été emportée, il y a cinq ans, par Les chaussures italiennes,

autant avais-je adoré, l’année passé, Les bottes suédoises,

autant, il me faut l’avouer, Un paradis trompeur du plus célèbre des romanciers suédois m’est littéralement tombé des mains.

Et si je suis allée jusqu’au bout, c’est uniquement dans l’espoir de constater que j’avais tort une fois lancée plus en aval du récit.


Bien mal m’en a pris.

Ce roman, malgré tout le bien que j’aurais voulu en penser, n’a cessé de me faire sauter d’une déception à l’autre.


La quatrième de couverture avait pourtant tout pour me plaire ! On y lisait qu’Hanna avait connu le froid avant la chaleur. La misère avant l’opulence. La Suède avant l’Afrique. Et qu’après deux mariages s’étant soldés par le décès de ses époux, elle avait échoué au Mozambique où elle s’était retrouvée à la tête d’un bordel.


Jusque là, que du beau sous le soleil me direz-vous.

Mais dès les premières pages, je dois avouer m’être demandé s’il s’agissait bien du même Henning Mankell ! Sous mes yeux s’étalait une narration froide, distante, et sans saveur, un récit comme raconté par quelqu’un qui n’y croyait pas vraiment, ou pire, qui s’en fichait.

Les personnages stéréotypés au possible et sans intérêt n’étaient pas « incarnés ». On aurait dit des petites figurines de carton ondulé posées au hasard sur le parquet en papier d’une maison de poupée. Plates. Irréelles.

Les dialogues me paraissaient parfois terriblement ternes ou surfaits, et les considérations intérieures des principaux acteurs d’une naïveté sans nom.


Je n’ai trouvé – et ce n’est pas faute d’avoir cherché – aucun engagement de la part de l’auteur qui m’avait pourtant émue aux larmes dans Les chaussures italiennes. Henning Mankell s’était contenté de « faire le job », sage et appliqué, en oubliant tout à fait d’y apposer une note de folie, un soupçon de verve, une once de passion. J’avais l’impression de me trouver face à la production écrite d’un collégien.

Parfois même, le récit me semblait fouillis, enchevêtré dans des platitudes pourtant écrites pour le relever. Il s’agissait somme toute à mon sens d’un roman « facile », écrit à la va-vite, sans réel désir.


Ce n’est vraiment pas de gaieté de cœur que je rédige de telles lignes au sujet d’un roman que j’aurais adoré aimer – et je m’en excuse auprès de tous les lecteurs qu'Un paradis trompeur a séduit, mais il faut croire que la lame des auteurs que l’on considère comme « valeur sûre » est parfois à double tranchant.

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