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Vorace, Małgorzata Lebda.

  • Photo du rédacteur: loudebergh
    loudebergh
  • il y a 12 minutes
  • 2 min de lecture

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Vorace de Małgorzata Lebda pourrait s’appeler douceur, il pourrait s’appeler temps, soin, amour. Abnégation aussi. 

Vie et mort rassemblées, 

vie et mort faites une. 

Vorace est lumière, reflet, ondée. Il est grand froid et terre gelée. 

Il est fracas. Bois qu’on coupe, bêtes qu’on mène à l’abattoir, os qui craquent, 

maladie qui rôde. 

Il est essence. Fragrances et sensations. 


*


Traversée par les grands questionnements, les émotions et les douleurs de notre temps, une jeune femme retourne dans le village de son enfance pour prendre soin de sa grand-mère mourante. Avec son amie Ann, elle s’applique à réchauffer le corps et l’esprit de cette femme âgée dont elle vient : gratter, masser, nourrir la peau, apaiser les douleurs, tout en ravivant les souvenirs et l’émerveillement devant le monde. Lire des poèmes, des descriptions d’oiseaux, et, le plus possible, accueillir le vivant, les plantes, les insectes, les petits et les grands animaux, jusque sur le lit. De son côté, le grand-père, lui aussi marqué par le passage du temps, s’affaire à réparer la maison. Aux abords du village de Maj, il y a des champs, des renards, des étourneaux, des forêts dans le vent et la neige, et il y a un abattoir industriel qui ne s’arrête jamais.


*


Présenté comme le premier roman de la poétesse polonaise Małgorzata Lebda, Vorace n’a pourtant pas grand chose du genre. D’avantage une traversée qu’un récit à proprement parler, il est fait d’une succession de textes travaillant la matière de la maladie dévorant une vieille femme. Chaque chapitre en est une facette, une couture argentée, une touche de piano caressée. Ensembles ils disent quelque chose de cette fin de vie entourée. Choyée, chauffée, raclée. En filigrane, l’autrice dépeint les saisons changeantes, la lumière, les corps, l’amour et la beauté fragile de l’existence. 


Parce que la mort rôde, 

et qu’il faut

partout

faire entrer la vie : 

dans la maison, dans le huis clos et les cœurs. Dans les draps de Grand-mère, sur ses mains, sous ses ongles. 


Les êtres qui habitent cette bâtisse au-dessus de l’étable sont tranquilles et lumineux, déchirants de douceur et de grâce dans un monde pourtant tissé de rivières de sang. Entre ses murs, la vie coule lentement. À bas bruit, à peine un ruisseau – il ne faut pas effrayer la mort. Elle serait bien capable d’en faucher plus d’un. 


Vorace est un texte somptueux : de la pure poésie logée dans un manteau romanesque. Un livre sobre et envoutant porté par une langue sensible en diable, bruissante et frémissante. 


 
 
 

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Louise DE BERGH, Chardonne. 

loudebergh@gmail.com

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