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  • Photo du rédacteurloudebergh

Sauvage, Julia Kerninon.


Je pourrais écrire des pages entières au sujet des livres de Julia Kerninon. En faire des caisses et puis des tonnes.

Je l’ai fait, par le passé,

Je pourrais le faire à nouveau.

Sous mes doigts, mon clavier tressaute et s’agite, il y aurait tant à dire.

Mais à cet instant, alors que je referme Sauvage, le dernier-né de cette autrice exceptionnelle, je me dis que ce serait risquer d'écorner la beauté de ce texte.


Là, maintenant, je veux simplement écrire que Sauvage est un roman parfait.

Remuant, fauve et tremblant de justesse.

C’est un hymne à la liberté, aux failles et aux erreurs,

un texte d’une radicalité terrifiante qui m’a, une fois encore, poussée dans mes plus lointains retranchements.

C’est un aboutissement sublime,

une recherche infinie.

*


À Rome, Ottavia Selvaggio a décidé à quinze ans d’être maîtresse de son destin. Ni ses histoires d’amour, ni le mariage, ni même la maternité ne la font dévier de sa route. Pendant que son mari s’occupe de leurs enfants, elle invente dans son restaurant une cuisine qui ne doit rien à personne.

En robe noire et sans frémir, Ottavia avance droit, jusqu’au jour où un homme surgit du passé avec un aveu qui la pousse à douter de ses décisions.

Comment être certaine d’avoir choisi sa vie ?

Le désir a-t-il une fin ?


*


« Il semble que tout le monde ait oublié une loi fondamentale : la littérature est une affaire de forme bien avant d’être une affaire de fond. Tout a déjà été dit, tout a déjà été. Nous savons à peu près ce qu’est la vie parce que nous la vivons. Ce que nous allons chercher dans la littérature, ce que nous devons y chercher, ce n’est pas ce que nous connaissons, mais ce que nous ne connaissons pas. C’est le dépaysement qui est précieux — le désemparement. Nous ne venons pas à la littérature pour nous y sentir familiers, mais, au contraire, déplacés. Nous venons écouter une histoire et nous attendons que les mots soient agencés selon un ordre nouveau. »


Sauvage est une architecture somptueuse,

une Sagrada Familia en puissance,

un duomo florentin fabuleux.

C’est un roman à lire mille fois,

à dire tout haut,

à murmurer

et à offrir. Il est ce dépaysement précieux, cet ordre nouveau, ce travail incessant de la langue et du mot.

Il serait illusoire d’affirmer le contraire.


« Plus de vingt ans s’étaient écoulés et je rentrais le soir, comme un renard apprivoisé. J’avais encore du mal à y croire. Les nuits du week-end, j’enlevais mes chaussures devant la porte pour ne pas faire de bruit, je me brossais les dents face au miroir et je montais me coucher à petits pas, j’avais trente-huit ans, d’accord, mais à l’intérieur je n’étais que galop. »

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